124 LA REVUE SOCIALISTE REVUE DES LIVRES L'Évolution des Croyances et des Doctrines politiques, par GUILLAUME DE GREEF, professeur à l'Gnivcrsité nouYelle de Bruxelles, Mayolcz et Au<liartc, Bruxelles. -F. Alcan, Paris, 1895. La partie documentaire de ce Yolume, l'Égypte, le Pérou, le Mexique a paru dans la Ré1111e Socialiste. L'idée directrice de ces études est ainsi résumée p,1r l'auteur dans sa préface : « Al. Bain et James Sully ont analysé la croyance au point de vue de la psychologie de l'individu; l'école issue de IIcrbart, et particulièrement Lazarus, Lotze, Steinthal ont fait de la croyance la base de leur psychologie collective ou Volkrrs psychologie sur laquelle ils ont tenté d'édifier Li science des sociétés. Xi la psychologie indi,·iduclle, ni la psychologie collective n'expliquent complètement la structure eth vie des organismes sociaux; toutefois les factcu'rs psychiques y inten·icnnent dans une large mesure. Ils y interviennent surtout quand ils sont constitués, intégrés en quelque sorte. Les croyances des sociétés sont une des formes coordonnées et relativement stables de leur unité consciente ou inconsciente ; elles concourent à l'expression de leur continuité dans le temps et dans l'espace ; clics condensent leurs émotions et leurs idées ; surtout clics sont en rapport étroit a,·ec leur activité volontaire. " .\insi est délimité Je domaine de la politique au sens large. « La politique est précisément cette partie de la sociologie qui a pour objet les manifestations de la volonté collective. A tous les stades de leur existence, les sociétés possèdent un capital relativement fixe de croyanœs relatiYcs à leur conduite et à leur gouvernement volontaires dans le sens le plus large de ces mots, c'est-à-dire en y englobant m.:Cmeleur acti\'ité réflexe et instinctive. » La statique et la dynamique social<.!sont en effet, scmbk-t-il, des cas plus complexes de la statique et de la dynamique psychologiques. « Pas plus que la volonté indi\'iduclle, la \'Olonté collective n'est une entité indépendante; elle est un mode supérieur et final d'adaptation des organes sociaux à leur milieu ; elle n'est p.is un commencement, clic est une fin, le résultat d'un processus aux phases successives et multiples. » La fiction du libre arbitre est désastreuse èn psychologie. L'invention des idées-forces en sociologie ne parait pas moins abusi,·e. Il faut prendre parti : accepter le déterminisme universel ou mettre avec Épicure, Guyau, FouiHée et même, quoiqu'ayec des nuances, Renouvier, le hasard au sens tout à fait vulgaire, l'indétermination, au cœur du monde.
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