LA BAXQüE D'ETAT E>; St:ISSE doisc est aujourd'hui une citadelle que les deux partis défendent ù la vie et ù la mort, par amour des di\'idcndcs. Quant aux banques de GcnèYe, l\1. Ernest Pictet écriYait, le 27 octobre, au Joumal de Ge11ève que « l'aycnturc » de la banque d'État était pour lui un « cauchemar ». Bon signe.] En 1862, seize banques d'<:mission, 37 millions de capital Ycrsé, 13 millions en circulation, émission a peine supèrieurc au tiers <lu (apit.1I. En 1869, Yingt et une banques, circulation de 18 millions, 6 fr. 85 par tète de population. En 1879, trente-six banques, 83 millions de circulation, 29 fr. 70 par tête. Jusqu'à l'ordonnance de 1850 sur les monnaies, les billets de banque suisses Yariaicnt non seulement de dessin et de format, mais même de système monétaire. Tandis que la banque de Rîle énonçait ses Yalcurs en francs, celle de Saint-Gall parlait florins (G11/dc11) et celle de Zurich écus de Brabant (Braba11/erlbaler) ! Cc qui cntraYait le passage des billets d'un canton à l'autre et les empêchait de rendre les scn·ices qu'on aurait pu en attendre. Pour remédier, dans une certaine mesure, à cc gros incorwénicnt, les banques de Bàlc, Zurich et Saint-Gall signerent, déjà en 1852, une conYention pour l'échange de leurs billets. Puis la banque de SaintGall s'entendit aYcc celles du Toggenbourg et de Thurgo,·ie. Ces arrangements partiels étaient insuffisants. En 1876, Yingt banques signèrent un « concordat » par lequel elles s'engageaient à l'acceptation réciproque de leurs billets. La circulation augmentant, le public en Yint à se demander: « Quelles garanties m'offrent les banques en temps <lecrise? » Une enqu.:tc, en 1881, prom·a que la situation était assez grave : La couYerture moyenne était, il est nai, de 4 3 °/o, m:iis une banque n'aYait que 15 °/ 0 , d'autres 28 ou 31 °/o, réserYcs absolument insuffisantes. Les anxiétés de la guerre fr:mco-allemandc, dont la Suisse subit le contre-coup, avaient attiré sur cc point l'attention des autorités. Déjà alors on examina s'il ne fallait pas soumettre ,\ une loi unique toutes les banques d'émission, ou mème créer un monopole, en fan:ur d'une banque d'État ou d'une autre banque. La Constitution de r8ï+ reconnut a la Confédération le droit de prescrire des mesures générales sur l'émission et le rçtrait des billets, nuis interdit en mème temps le monopole et le cours forcé. Toutes les banques continuèrent donc à émettre, sous certaines conditions. La loi de 1881, encore en Yigueur, prccisa ces conditions: En première ligne, la Confédération n'assume aucune responsabilité pour le remboursement des billets. Chaque banque est tenue d'accepter ses
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