La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

REH;E DE LA PRESSE ETRA'.\GERE 101 le seul organisme de cc genre qui se soit produit à tra,,ers l'immu1sit6 des momies et, en cc sens, le centre de l'univcrs. Cc n'est pas l.1 du géocentrisme ni de l'anthropoc.:ntrismc, c'est une induction scientifique, appuyee sur de nombreuses probabilités philosophiques, qui peuYent prcsque supprimer tout doute en un esprit raisonnable. D'où il résulte qu'il n'y a proprement ni optimismc,ni pessimisme. On dit que les puiss.1nts instincts du cœur réclament l'optimisme, que les froides lueurs de la raison recommandent le pcssimism<:. Cette antinomie est superficielle. La vraie relation de l'homme ;\ l'unin:rs, une fois connue, optimisme et pessimisme s'éY,111ouiss<:nt.Cc sont des états purement passifs, n'.:ceptifs. li semble que Li mturc agisse sur nous. C'est, au contraire, .i nous a agir, dal15 la mesure de nos forces, sur la nature. La nature, comme on disait au dix-huitieme sièck, est trop grande dame. Elle ne nous Yeut ni mal, ni bi<:n. Elle <:St parfaitement indifférente. Mais il n'est pas indifférent qm: nous nous en scn·ions dans un sens ou dans l'autre. En lui obéissant, nous sommes ses maitres : Non 11isipare11do1•i11cil11r, le mot est ,·ieux et connu, il n'en est pas plus n1:1uYais.L'optimisme conclut :i nc rien faire, p.1rce qu'il n'y a rien à faire, en effet, dans le meilleur des mondes possibles; le pessimisme conclut :i ne rien faire, parce que rien ne p<:utaméliorer 1c pire des mond..:s; le « 1116iol riste » dit : fais quclqu<: chose, parce qu'il y :1 bc:iucoup à fairc, et que cc beaucoup pt:ut être fait. Tel est le l.1rgc esprit qui circule a trn,·.:rs l'.Amcricaujournal of sociology. Il mérite, comme c'est son ambition proclamt:e, de d.:,·enir un facteur important du développement de b sociologie scientifique, un lien mondial entre les intelligences de bonne volonté. I 1 Parmi les renies allemamlcs, die .\'eue Zeit tient une placc à part : ks rédacteurs de la rcrne sont décidément marxistes, mais il faut s'entcntÎre sur cc mot. L'œune commune de ;\larx et de Engels, a,·ec ses gr:indcs lignes si impérieusement tracées, renferme pourtant des germes ft:conds d'un d6veloppement presque indéfini. Le marxisme, puisqu'il est convenu de se servir de cc terme, s'est considérabkmcnt élargi depuis quelques années. La curieuse et importante discussion contradictoire entre J. Jaures et P. Lafargue, que public, en traduction, avec des notes, le .Veue Zeit, en est la preuve. Une entente n'est pas loin de se faire entre la conception purement m:irxiste, le matérialisml' historique, comme on l'appelle, et la conception idéaliste française, puisque c'est le nom dont on se sert, développée par J. J:iun;s, aprés B. Malon et G. Renard. En vérité, comme le remarque finement J. Jaures, l'école de Marx qui, d'aprcs la logique ht:gélienne, affirme

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