100 LA REVUE SOCIALISTE bon de les .:tudier ,i la rumiére les uns des autres, d'en marquer la subordination. C'est à quoi les auteurs de l'A111erim11journal of sociology ne manquent pas. Voici d'abord les rapports de l'anthropologie et de l'histoire (r). Où est le temps (est-il si lointain) où les plus cél;;bres professeurs des uniYersités d'Amérique faisaient leur leçon, le doigt sur le texte d'un manuel écourté d'histoire, dans lequel l'humanitè semblait commencer à la déclaration des États-Unis ou, pour élargir un peu le champ, :i la décotl\"erte de l'Amérique par Colomb, Yers q92. L'auteur préconise l'ètude de l'anthropologie gcnérale, de l'é\·olution des races, comme le préliminaire indispensable et le soutien constant des études proprement historiques. Il respecte, comme il doit, l.t critique consciencieuse des textes et estime, comme·il peut, les résultats relati\·ement mesquins que les plus beaux travaux en ce genre ont produit en Amèrique. Cc qu'il dit de l'Amérique peut se dire de l'Europe. \'oici ensuite les rapports de la sociologie et de la cosmologie (2). Ces rapports paraissent, à première Yue, plus lointains. Et, pourtant, n'est-il pas vrai qu'Épicure, en brisant la YOÙtcflamboyante des cieux, a élargi, du même coup, la conception de la Yie sociale. Newton n'a pas fait de sociologie. Quelle influence le système de Newton n'a-t-il pas exercé sur les Yues sociales des philosophes du dix-huitième siècle? Voltaire et Condillac ne s'y sont pas mépris. Ils ont donné comme introduction à leur œuvre historique l'exposition du système du monde. Ces hommes, trop dédaignés de nos épigraphistes modernes, ont Yt'.:ritablemcntpar là rcnouvclt'.: l'histoire. Ils furent les prt'.:curseurs de la sociologie moderne. Herbert Spencer est dans le mèmc cas et c'est cc qui donne à son œuvre soèiologique sa véritable ponce; ses déclarations de préférence personnelle et ses pol..:miques à côté se perdent dans le vaste courant de la doctrine de l'éYolution universelle. Ce monde n'est plus un monde de hasards indh·iducls, mais un monde de lois. L'homme a sa place dans la nature. Et il se trouve que les progn;s de l'homme et de la socicté sont strictement proportionnés au degré auquel l'intelligence humaine substitue des réalités aux apparences, des lois aux mythes. L'homme prend une conscience de plus en pins nette de son rôle dans l'univers. Il n'est pas, comme le votdait l'éloquent pessimisme de Pascal, suspendu entre rien et tout, un zéro au regard de l'infini, un tout au regard du néant, un monstre incomprchensiblc. Il n'a besoin ni d'être abaissé ni d'ètrc élcYé. Il est tout juste cc qu'il est: un organisme rdativcmcnt trcs perfectionné, surtout par la \'ie sociale; peut-être, comme l'indique ingénieusement l'auteur, (1) Rapporls de l'.fotbropolcgie tl de l'Histoirt, par George-E. Fcllows, université de Chicago. (2) La Sociolcgieet la Cos1110/ogit, pr Lcstcr-F. Ward, \\.'ashington.
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