I.E PARADIS DES üt;YRIERS 93 i\luséum. Sur un million d'habit:rnts, \ïctoria a deux cent \·ingt-ncuf bibliothèques publiques; le collège des ouniers de Melbourne compte plus de deux mille étudiants et 50 °1 0 d'entre eux sont d'excellents artisans ou ouniers. Ces quelques faits pourront donner une idée de la n.1ic signification de la journ<'.:enormale pour notre société. Mais il est à regretter que ces circonstances favorables soient, d'un autre coté, la cause de bien des erreurs. La lutte pour les petites concessions a accaparé les regards de l'ouvrier australien. li perd de YUCle nai principe socialiste pour des intérêts égoïstes d..: classe, qui le menent à des raisonnements absolument faux. Au lieu d'ayancer vers l'idéal de l'égalité économique universelle, il s'égare en toutes sortes d'absurdités protectionnist<.!s, et exige que l'État ci:dc ,\ toutes ses folles demandes. A force de se nommer socialiste et de réclamer en même temps des droits ultra-antisocialistcs, il déshonore lt: drapeau glorieux du socialisme. Un trjstc exemple de cet <'.:garcment~e présente dans la pers<'.:cutionà laquelle les races asiatiques sont exposées de la part de l'ounier australien. Sa devise est : « l'Australie pour ks Australiens "· ~[ais il se garde bien de YOUSexpliquer cc qu'il entend par « les Australiens ". Cc seraient donc cette poignée d'usurpateurs anglo-saxons, qui ont pris possession d'un énorme continent appartenant, par le droit naturel, ,\ tout le monde! Avec la magnanimité d'un voleur en grand, ils consentiraient que les All.emands, les Danois, les Suedois, les ;\on·égicns, enfin les races tant soit peu parentes, s'y établissent paisiblement à leur coté. Déjà les Italiens sont plus ou moins suspects . .\lais quant à ces peuples si étranges, aux yeux de ses orthodoxes préjugés, les Hindous couleur chocolat, les Afghans tres bruns, les Chinois et les Japonais jaunes, toutes populations qui, pour son intelligence bornée et obstinée, ne sont que des sauvages, le soidisant Australien s'est entêté :i ne jamais les tolérer. S'il est wai que les immigrants de race mongole ne sont pas précisément les rqm:sentants de la plus haute ciYilisation, on ne saurait nier qu'ils sont industrieux à un degré incompréhensible à !'Européen, que cc sont des jardiniers incomparables et qu'ils font des traYaux que fc clim.n r.::nd nuisibles et odieux aux blancs. Er, au point di! rnc de la culture et de l'intelligence, l'.\fghan et l'indien, soit mahometan, soit hindou, soit bouddhiste, ne le cèdent en rien aux Europeens. Nous avons rencontré parmi ces immigrants de race orientale des hommes d'une educ.nion, d'une largeur d'esprit, d'une intcgrit~, d'un courage moral, d'une érudition, d'un liberalisme philosophique, comme on n'en trouve que très rarement chez nous. Sans doute, il y a des différences eutre nos ou,•ricrs et les Asiatiques pour cc qui regarde la maniere de \·iyre, diffo'.!rencesqui rendent difficile, à ceux qui se sont, sans raison, accou-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==