J.E ~IOvVEMENT LITTÉRAIRE Sr tout en le réduisant, et menaçant de le réduire daYantagc encore, l'on ne va pas jusqu'à la conclusion logique ... Et ceux qui y YOnt, par paroles ou par écrits, comme Jean GraYe ou Maurice Charnay, la Cour d'assises leur décerne des mois et des années de prison - encore qu'ils n'aient point dépassé de Vigny ou Renan. DcscaYes, lui, fut acquitté. Quant à l'auteur de la Psycbologiedu 111ililairperofessio1111el, Hamon, s'il ne fut pas inquiété par le parquet, cc ne fut pas faute de poll'.:miqucs ou la justice était formellement inYitée à séYir. La Psychologie du mili!aire professio11J1el, qui fait le procés des armées, sous le com·ert d'une méthode scientifique, arriYait comme le résumé, en une courte brochure, de nos copieux romans antimilitaircs. Mais tandis que se linait cette bataille au militarisme, cette guerre à la Guerre, la réaction, ou, du moins, une action paralléle, mais contraire, se faisait comme un rcnouYcau d'héroïsme, - puisqu'il fallait bien se contenter du souYcnir, de l'histoire ou de la légende. Énumérerai-je la série des mémoires sur l'épopée impériale, les centaines de carnets et de cahiers ou se délectèrent nos « cocardiers » contemporains : carnets et cahiers qui n'ajoutèrent guC::reà la figure, ne dérangèrent pas les traits pour toujours fixés, scmble-t-il, du maigre consul, du gras i111peralor. Néanmoins, si ces publications ne modifiaient pas l'image de Bonaparte et de Napoléon, elles éclairaient, par quelques confessions sincères de braYcs âmes frustes de son entourage, de guerriers qui surent cc que c'était que la guerre; d'autres, il nous YCnait des notes moins spontanées, des explications intl'.:ressécs, de la diplomatie posthume; et, par là-dessus, toute une petite religion se fondait, aYcc des fidC::lcsardents, à la recherche des reliques, qui nous donnèrent les prix et nous offrirent les fournisseurs du petit chapeau et de la redingote grise. Ça et là, sur les thérltres, !'Empereur eut les honneurs de la ccnticme, son ombre bénéficia à clic seule « de la gloire collectiYc de l'Empire », oü toute la France aYait peut-être bien droit à une part. Mais de tout cela, de ce qu'aycc curiosité furent lus les calepins de quelques officiers de Napoléon, de cc que les femmes reprirent les robes empire, faut-il croire que se modifièrent les opinions des générations neuYes sur la guerre, les armées, la patrie? De ce quc certains, toujours en quête d'un maître, déploraient qu'il ne surgit pas le général de rêve, calqué sur Bonaparte, il ne s'ensuit pas que toutes les imaginations amoureus€s du passé souhaiteraient ce passé pour le présent : d'ailleurs plus d'un de ceux qui retournaient à Napolfon n'y allaient que derriére Stendhal; il y a de ces légumes fantastiques, quel' on expose, qui recueillent toutes les médailles, et sont exécrables à table: Napoléon offre un cas, un phénomène pareil; l'on peut s'extasier deYant l'énormité de sa mémoire; personne bien sincèrement n'en 6
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