MAZAS 755 MAZAsci) Balzac, cherchant un nom pour une geôle, n'en ct'.1tpas troun! de plus tragique. Il sonne lugubre, farouche, il a l'aspect aussi sinistre que la prison clic-même. La noire façade et son nom se complètent pour une harmonie de désespoir. Mazas ! c'est aussi le titre qui décore, en caractères menaçants, le bd album ou les lithographies du peintre Maximilien Luce s'unissent a un ttprc emportement de Jules Vallès contre la cellule, pour nous évoquer l'atmosphère douloureuse de cette ruche :i dètresscs. De Mazas, nous ne connaissions guère· que la mélancolique façade, les alentours mornes. Les mieux renseignés n'ont YU, du haut du talus pour le chemin de fer de \'inccnncs, que la symétrie odieusement rectiligne de l'aménagement intérieur. Luce, par la sincérité de son art, nous fait pénétrer dans les galeries ou, sur deux étages, sont disposccs les cellules. Cela aurait l'air d'un Hammam, des cabines d'un établissement de bains sur la Seine, si des gardiens ne rôdaient pas furtifs, ne guettaient pas l'affaissement ou le chagrin des détenus, ne trouYaicnt pas le moyen de taquiner encore leur impuissance. Puis, nous voici dans la cellule. Entre des parois sur la blancheur tentatrice desquelles !'incarcéré n'a pas le droit d'inscrire son angoisse; il s'étire, il bâille, il. s'étiole d'inactivité et d'ennui. Les plus menus objets de son alvéole lui sont maintenant familiers. Il n'a plus rien sur quoi sa curiosité puisse s'exercer; aucun aliment nouveau ne vient distraire sa pensée. Alors la détente le brise et, au bout de qüelques semaines, il n'est plus qu'un pauue être dolent et passif dont aura Yitc raison la cruauté des inquisiteurs. Mais cet enseveli, on daigne une demi-heure par jour l'exposer à l'air et lui donner un peu d'espace pour secouer l'ankylose de ses membres. Et (r) Marty, editeur. Librairie de l'Est:unpe originale.
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