LA QUESTION SOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS 753 reproduire la même interpellation et •les mêmes navrantes constatations. Puis apparaît un Barthou ou un Jonnart quelconque qui affirme que tout est bien, mais qu'a l'avenir tout ira encore mieux. La Chambre \'Ote un de ces beaux ordres du jour dont elle a le secret; elle affirme les droits de,l'État en même temps que sa confiance dans le ministre. Le lendemain, cet ordre du jour Du spectacle d'hier affiche déchirée, n'est plus qu'un chiffon de papier noirci. M. Castelin a refait, le 17 novembre, l'excellent discours que fait généralement l'interpellateur; il a signalé des faits révoltants de sunne- , nage, nialgré les sacro-saintes circulaires ministérielles; il a surtout prouvé, d'aprés les statistiques officielles, que les compagnies diminuent le personnel actif et laborieux, pend:111tqu'elles augmentent énormément le personnel parasite de 1 l'administration centrale. Il faut bien de petits emplois, pas pénibles, pour les fils de ces messieurs et de leurs amis. Voilà la cause des accidents. Le ministre, comme de ·coutume, venait de protester de son zéle , brûlant en faveur des intérêts de l'État et du public, lorsque Viviani monta à la tribune et dqnna lecture de deux documents qui firent quelque sensation. M. Hozoriewicz, directeur du contrôle de l'État, communique à la compagnie du Midi, avant de partir pour une tournée d'inspection, la date et l'heure de son arrivée, précisée minute par minute, dans toutes les gares où l'inspection doit s'effectuer. Il pousse même la complaisance jusqu'à avertir la compagnie qu'il se rendra de Mont-deMar.san à Dax en ,,oiture. Vous voyez d'ici la malice: le directeur du controle prend une voiture, afin d'arriver à l'improviste, mais il avertit huit jours à l'avance de la date et de l'heure de sa Yenue. Voilà ce que vaut l'inspection de l'État. Viviani cite un autre document, émané de la compagnie du Nord. C'est un ordre de servi-ce signé d'un inspecteur principal et qui enjoint aux chefs de gare et de station d'être très réservés dans les renseignements qu'ils pourront être appelés à donner aux agents du contrôle de l2État et surtout de ne dc'.:livrer aucun renseignement écrit au sujet du personnel et du matériel de la compagnie qu'après en avoir référé à l'inspecteur signataire de cet ordre. Donc:, comédie d'inspection du côté de l'État et, d'autre part, refus des compagnies de fournir aux agents de l'État, si par hasard ils avaient quelque velléité de faire leur devoir, les renseignements nécessaires. Voilà qui juge et les _compagnies et l'État. Voilà qui prouve, selon la thèse socialiste, que l'Etat n'est et ne peut être que le représentant des intérêts de la classe capitaliste.
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