r 752 LA REVUE SOCIALISTE « et des moyens de production». C'est l'affirmation de la grande doctrine collectiviste, que toutes les ecoles et nuances socialistes admettent aujourd'hui; car, en dehors de cette formule, le socialisme n'est qu'un t:îtonnement empirique Yers des projets d'amelioration sans Yaleur reclle. Vaillant a etudie surtout les causes du chômage sans cesse croissant, il a montré que c'était là une consequence fatale en même temps qu'un acte d'accusation terrible contre la société capitaliste. La profonde érudition de l'orateur, le sericux et la hauteur de sa pensée donnent à ses paroles un réel interêt. La discussion s'est terminée, apres un bon discours de Dejeante, sans que le gouYcrnemcnt..ait pu proclamer autre chose que l'impuissance des pou,·oirs publics dcYant un mal economique qui échappl! forcement à leur action dans le milieu actuel. Triste ayeu, \'l'aiment subYersi[, excitation indirecte au re11\'crscment de l'ordre social capitaliste. Puissent les nombreuses Yictimes du chômage entendre la parole gouYerncmcntalc et en tirer les consequcnces qu'elle comporte! Le 15 no,·ernbre, la même question reYient sous une autre forme. Interpellation Lamendin sur les mesures que le gouYerncmcnt compte prendre pour ameliorcr le sort des ouYril!rs du Pas-de-Calais, congédiés,\ la suite des gréYcs de 1893; discussion d'une proposition de loi de Basly, tendant a ounir un cn'.:dit de 200,000 francs, pour Yenir en aide aux mineurs du Pas-de-Calais et du Nord, sans traYail. Toutes ces propositions sont écartees : on ne trou,·c ni quelques millions ni qudqucs centaines de mille francs pour aider ces malheureux; mais quelques jours aprcs, la Chambre \'Otera, le cœur léger, soixantecinq millions pour commencer la conquête de Madagascar. A Madagascar, il y a cent cinquante français (trois cents suiYant les calculs les plus ministériels), dont les hoYas derangent les affaires; c'est pour ces cent cinquante qu'on Ya faire perir deux mille soldats et depcnser cent 1,1illions. Les centaines de mille d'ouniers en chômage, les malheureux dénués .de tout sous les rigueurs de l'hiYer, sont moins intéressants qu'une poignee de négociants ou de traitants, sans compter les tripotages qui se dissimiJlent probablement sous l'affaire et la soif de galons de Mi\1. les militaires; car financiers, cures et militaires dc,·icnncnt de plus en plus les forces directrices de notre RépublilJUe. Cc qui prouYe bien la puissance réelle de la finance, c'est le duel comique et tragique de l'État et des compagnies de chemins de fer. L'État impose ou fait semblant d'imposer certaines reglcs, afin de protéger ounicrs et employés surmenés et aussi les Yoyageurs que l'on broie un peu trop sans façon. Mais les compagnies éludent si habilement les ordres des ministres et se moquent si respectueusement de ces puissants personnages, que nous \'Oyons chaque deux ou trois mois se
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