LA QUESTIO~ SOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS 75 I nbsurdum emprunté par nos gouvernants, à leurs bons amis les é\'c.:ques, et introduit dans l'administration. Mais nous en \'errons d'autres : continuons notre revue : Le 6 novembre, Rouanet demande au ministre des finances a quelle époque sera dépose sur le bureau de la Chambre le projet de loi relatit au renouvellement du. privilège de la Banque de France. Il y a deux ans, M. Rouvier insistait sur la nécessite'.: de la discussion et du vote immédiats de son projet, sous prétexte que le temps manquerait ... On \'Oit que les ministres se suivent et n'ont pas la mèmc opinion à cc sujet. Notre ami Carnaud fait un brillant début i la tribune le 8 no\'embre, en interpellant le gouYerncmcnt au sujet des mesures disciplinaires prises contre trois fonctionnaires des Bouches-du-Rhàne, i1westis d'un mandat électif. On sait qu'il s'agit de trois conseillers genéraux qui ont vote un vœu contre la loi scélérate. Le gou\'crncmcnt, accusé de porter atteinte au suffrage universel, répond par ce misérable subterfuge que le \'Ote du \'ŒU en question était une manifestation illégale, les conseils généraux n'ayant point le droit de discuter des questions d'ordre politique. On pourrait peut-être répondre que si ces messieurs commettent des fautes dans l'exercice de leur mandat de conseiller général, ils sont responsables de ces fautes devant leur mandataire, le corps clcctoral; en tant que conseillers généraux, ils ne connaissent que leurs électeurs et n'ont de compte à rendre qu'à ces derniers; par contre, en tant que fonctionnaires, ils sont responsables de leurs actes devant leurs supcrieurs hiérarchiques. Imaginez que les électeurs se mêlent de blâmer, par exemple, M. Dclcuil, juge d'instruction, au sujet de la manière dont il remplit ses fonctions judiciaires, ou interviennent pour inviter M. Tuairc, censeur du lycée, à modifier la discipline intericurc de cet établissement, on trouverait ces pretentions bien étranges en notre pays centralisé; cc sont précisément celles du gouvernement. Pour lui, un fonctionnaire est toujours attaché à la patte par un fil, c'est-a-dire par le traitement qu'il reçoit. A cc titre, il est libre de remplir un mandat électif, mais, entre l'opinion de ses électeurs et celle du gouvernement, il est forcé de choisir la dernière. On voit que la thésc de M. Dupuy est un tissu de contradictions. Le réel talent du député ouYrier, Prudent-Dervillers, a été mis en lumicrc par la discussion de l'interpellation concernant les mesures que le gouvernement compte prendre pour remédier au chômage ( 12 novembre). Aprés un exposé sérieux et documenté de la question, l'orateur a nettement déclaré que tous les moyens dont il propose l'adoption sont de simples palliatifs: « Nous pensons, dit-il, qu'il ne peut y avoir « de remède réel et vrai que dans l'appropriation collective des capitaux
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