LA REVUE SOCIALISTE - Yoilà le creux du raïsonnement de M. Deschanel; voilà comment les extrêmes: opulence et misère, sont parfaitement masquées par une statistique mal interprétée. M. Gabiet prend ensuite 1a parole pour répudier le collectivisme et il répond à Guesde : Il est vrai qu~ l'obligataire ou l'actionnaire n'a généralement point posé de rails, ni fabriqué de wagons; néanmoins, sa propriété est respectable, si elle représente le bénéfice capitalisé d'une somme de traYail équivalente, quelle· qu'ait été la nature de cc travail. Le maçon ou le menuisier qui a économisé sur son salaire de quoi acheter une ou plusieurs obligations, est bien légitimement propriétaire de ces Yalcurs. L'objection Goblet n'a de portée que si ces bienheureux traYaillcurs représentent, non point de négligeables exceptions, mais la grande majorité des obligataires et des actionnaires. C'est encore une question à résoudre par la statistique, non pas la statistique trompeuse des moyennes chcrc à M. Deschanel, mais, au contraire, la statistique des extrêmes. On ne l'a point faite encore, probablement parce que les résultats en seraient peu agréables aux défenseurs de la satiété capitaliste. Du reste, qu'ont à craindre les traYaillcurs économes? La plupart des programmes des diverses fractions du Parti ounier respectent les reYcnus inférieurs à 3,000 francs, les seuls qui puissent être naimcnt purs et exempts de toute infiltration capitaliste. Le projet de reprise des mines par la nation, srws i11denmilé, déposé par un certain nombre de députés socialistes, stipule aussi expressément le maintien des rcYenus inférieurs à 3,ooo francs. La question nous parait donc tranchée - et en attendant le résultat des nouvelles méditations de M. Deschanel - tranchée en faveur de la thcse collectiviste. Nos ministres qui, dans toute cette discussion, ont dérobé au monde anxieux les puissantes réfutations du socialisme qui s'agitent dans leurs cerveaux, se sont habilement débarrasses de l'interpellation relative à la rcvocation de M. Robin, le directeur de l'orphelinat de Cempuis. On a reproché à M. Robin d'avoir, il y a douze ans, donné un certificat à un jeune garçon, employé dans cet établissement et qui s'était rendu coupable <l'outrage aux mœurs (il était âgé de quinze ans). Les moralistes de la Chambre (car la Chambre est tres morale, puisque M. de Douvillc-Maillcfcu a dit: « Je suis conYaincu qu'il y a trcs peu de malfaiteurs dans le Parlement » (scancc du 17 noYcmbrc 1894), ont crié au scandale. Mais n'est-ce pas le comble de l'absurdité! Si Robin s'est rendu coupable d'une faute en 1882, pourquoi l'en punir en 1894? Si la faute était graYc, on l'aurait rérnquc de suite. Si elle fut considérée comme insignifiante en 1882, pourquoi toüt d'un coup devient-clic si grayc? On ne comprend plus : c'est le credo quia
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