LA QUESTIOK SOCIALE DE\'ANT LES CORPS ÉLUS 749 jusqu'alors dans l'obscurité de l'instinct, prend enfin conscience d'ellemême, de son existence, de sa loi, de son aYenir. Elle deYient un 111oi social, comme l'homme, au sortir de la Yicquasi-Yégétative, est deYenu et de\•ient toujours daYantage, par la culture et la science, un moi psychologique. Le 'n'.:sumé de. ce discours, répandu aux quatre coins de la France, aura certainement éYcillé cette conscience chez beaucoup et donné a une élite le sens et l'explication du mouYemcnt socialiste. A cet égard, nous remercions les ccntricrs de la Chambre, qui, aprés a\'Oir préparé dans le silence du cabinet le tonnerre de leurs imprécations sonores, soigneusement astiqué quelques mctaphores a effet, accumulé les petits papiers, les citations incomplètes et les chiffres, ont cru prendre au piège l'indomptable propagateur du collectiYisme marxiste. Il leur en cuit encore, car le Yigoureux dialecticien, a qui, lors de ses premiers discours de 1877, l'auteur de cet article doit la joie d'être socialiste, a répondu par une improYisation merYcilleuse de force logique: ces raisonnements a articulations solides, aYec leur précision tranchante, leur rigoureux attachement.\ la réalité économique, sont tels que nous défions tout esprit tant soit peu philosophique de ne point en être touché. Ah ! le projet de pharmacie municipale de Roubaix était loin! Aussi Guesde, apn'.:s les jappements de M. Bouge, sortait triomphant de cc petit guet-apens oratoire, lorsqu'on fit donner la garde, c'est-a-dire Deschanel ! Deschanel aYait fourbi son discours à loisir. Qu'objecte-t-il? Il . ne nie pas le fond même de la thèse collecth·iste, il trou\'e seulement qu'on exagère. Il ne nie pas la concentration des entreprises industrielles et commerciales, ni la diminution du champ d'action de la petite industrie et du petit commeTce, mais il conteste la. géncralité du mouYcmcnt. Les choses ne sont point si aYancées qu'on le prétend. Qu'importe, si telle est la loi et si la petite production est condamnée à mourir lentement ? Mais il fait aussi une objection de fond : si les entreprises se concentrent, dit-il, il n'en résulte pas que la fortune publique se concentre aussi entre quelques mains. Les grandes industries n'appartiennent pas à quelques potentats du capital, mais un peu à tout le monde, puisque les actions sont dispersées entre un très grand nombre de personnes. Et pour le prouYcr, il emploie la méthode des moyennes. Il est établi, par exemple, que chaque porteur d'obligations ou ·d'actions des chemins de fer en possédc, c:n moyenne, Yingtcinq ou trente. Il n'y a donc pas accumulation de la fortune publique dans quelques coffres-forts, mais une sorte d'aisance générale. Prcn'ons un exemple : Voici un Yillage de cent habitants : l'un d'entre eux possède un million, les autres rien. Faisons la moyenne et nous concluons :· cha_1uehabitant possède en moyenne 10,000 francs.
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