740 LA REVUE SOCIALISTE * * * Tout d'abord, M. Levasseur relhe, au début de ses obserYations, une confusion singuliere qui s'est glissée en France dans l'appréciation des effets du « H~mestead >> en Amérique. Il y a, en effet, deux institutions absolument différentes, portant le même nom et dont l'une: « le Homestead law », doit être immédiatement écartée comme d'une application impossible en France. Or, c'est le « Homestead law » qui a exercé, depuis son établissement, en 1862, l'influence la plus considérable sur le de,·eloppement agricole des États-Unis; car c'est lui qui a facilité Lt mise en Yaleur des immenses solitudes du « Far \Vest >>. Il fut Yoté en pleine guerre de sécession, le 20 mai 1862. Cette loi donnait à tout américain maj•eur, ou à toute personne dcclarant son intention de deYenir citoyen de l'Union, la faculté d'occuper r8o acres (64.8 hectares) de terres dans les cantons recules, 80 acres dans les cantons plus aYantageusement situés, lesquels, au bout de cinq ans de rcsidence et de culture tout au moins partielle, deYenaient sa proprietc. « Elle eut, dit M. LeYasseur, un plein succes, car le total des terres publiques ainsi aliénées s'est <'.:levéà 55 millions d'hectares, superficie plus grande que celle de la France entiere ». C'est du « Homestead law », que l'ccriYain Donalson a tlit: « Le Homestead couYrc d'habitations le sol des États. Il fait sortir de terre les communes et les cites; il atténue les chances et la graYitc des désordres politiques et des bouleYersements sociaux en appelant à la propricté des colons indigenes ou ctrangers qui Yiennent s'y ctablir ». - Est-il besoin d'insister et de faire remarquer que cette institution n'est pas applicable en France, oü il n'existe pas de terres domaniales et de déserts à transformer en régions populeuses et cultiYces. Malheureuseme11t, je crains fort que les arc.lents iniateurs du« Homestead » n'aient pris le Pirée pour un homme et confondu les effets du « Homestead law » aYec ceux du << Homestead exemption >>... Celui-ci, en effet, est l'institution qu'on préconise en France et qui fut établie aux Etats-Unis à la suite d'une crise intense, ne ressemblant en rien aux difficultcs que traYerse, non seulement l'agriculture française, mais toute la propricté fonciere occidentale. Voici comment M. LeYasseur en expose les origines : A la suite de la crise commerciale de 1837, beaucoup d'Américains propril'.:tain::sr,uinés par la saisie de leurs fermes à un moment où la terre ne trouYait acquéreur qu'à ,·il prix et restés débiteurs insolvables, a,·aient cherché un refuge au Texas et s'y étaient établis sur des terres inoccupées. Dans un pays où le lit, les animaux de travail, les outils des ouniers, etc., .étaient déjà exempts de la saisie pour dettes, ils obtiennent la loi du .26 janvier 1839 qui donna le même priYilège à la terre en d<'.:clarantque ks propriétés rurales de
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