LA REVUE SOCIALISTE été moins éprouvée par la Révolution. En supprimant la coutume qui laissait le patrimoine à l'ainé, en détruisant la liberté de tester et établissant l'égalité des partages~ le foyer stable de la famille a été ébranlé. Des causes multiples de diYisions intestines s'y sont introduites. La propriété, morcelée à l'infini par des partages périodiques, est devenue une poussiére de propriété, livrée à tous les hasards d'une vie plus âpre, plus féconde en catastrophes de toute nature. A l'absentéisme ·du grand propriétaire foncier a correspondu, naturellement, l'émigration du paysan Ycrs la ville. L'association étroite du chef du domaine et des serviteurs s'est rompue. Le fermage et le ~alariat se sont substitués graduellement au métayage, la nouvelle forme de rémunération entraînant les incertitudes économiques qui lui sont inhérentes. Plus de stabilité dans le travail, dans les moyens d'existence; déchaînement des go(Jts d~ luxe, dcsirs d'une vie plus douce, plus complétc, supérie ure au moins en apparence, offerte par les conditions de salaire de la ville. Dcpcuplcmcnt des campagnes, perturbations fréquentes dans les situations péniblement acquises au prix d'un dur labeur, mutations croissantes et transmissions plus nombreuses de la propriété, en un mot bouleversements permanents dans cette population jadis tranquille, paisible comme la surface d'un lac poli; telles sont les conditions déplorables nouvelles amenées par le développement des institutions et des. mœurs que la Révolution a créées. C'est par elle que cette catégorie d'obserYateurs expliquent le dépérissement lent et continu de l'agriculture, la misère croissante des campagnes, soumises cependant à des taxes qui vont en augmentant, tandis que la population qui doit y faire face diminue tous les jours. (Comme pour les premiers, j'expose les grandes lignes de la critique de la propriété foncicre actuelle, sans m'arrêter à cc que ces doléances, qui contiennent une part de vérité, ont d'exagéré et combien même, quand elles sont fondées, elles sont superflues, attendu qu'on ne récrimine pas contre les faits accomplis.) • Ceux-ci, pour remédier à cette situation, que nous venons de résumer à grands traits en nous plaçant à leur point de vue surtout rétrospectif, ne recourent pas à une mobilisation plus facile et plus rapide de la propriété. Au contraire, ils s'efforcent de ramener les conditions de l'exploitation terrienne à l'antique stabilité. C'est ainsi qu'as préconisent auprcs de leurs adhérents, trcs nombreux dans le monde catholique et conservateur, le métayage de préférence au fermage; la résidence des grands proprictaires sur leurs terres (bien que les plus ardents dans cet apostolat de la résidence tiennent salon à Paris), la propagande active des idces religieuses, à la perte desquelles, j'avais oublié de le signaler, ils attribuent une influence moi-ale consisidérable sur la « crise ». Dans l'ordre législatif, ils revendiquent la
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