LA REVUE SOCIALISTE de telle façon qu'il y ait le maximum de bonheur compatible aycc les conditions existantes. Toute la morale n'est peut-être que l'expression de cette loi de la mécanique qui se réalise ainsi, non seulement dans le cosmos matériel, mais aussi dans toute société humaine. Les hommes n'ont peut-être des penchants moraux que grâce à cette loi. Mais, d'autre part, clic peut être appliquée non seulement à une societé, mais à chaque homme séparément. Le jeu de ses forces sera tel qu'il obtienne le maximum de bonheur, compatible, du reste, aYcc les conditions existantes de bonheur universel, conditions que nous ayons dcfinies d'après la même loi. On peut aussi dcriYcr mathématiquement la vélocité des parties Je l'action de la totalité. Nous Yoyons donc que c'est une thforie grandiose, qui rctrouYc les lois régissant le monde matériel dans le fonctionnement des funcs et des sociétés. On pourra peut-être appliquer, jusqu'à un certain point, les lois de la mécanique;\ la sociologie. Yoici, par exemple, une autre loi intéressante : supposons une masse de molécules se mouYant de telle façon qu'elles sont tantôt rapprochées les unes des autres, tantôt dispersées, alors leur énergie kinétiq ue (Yélocité) est plus grande ~ans le premier cas. Ici, peut-être, nous avons l'explication des avantages de la coopération simple. « La mécanique sociale » peut, un jour, prendre place à côté de « la mécanique céleste»; toutes deux trônant sur la hauteur du maximum-principe, qui est le sommet suprême de la science morale comme de la scicn.ce physique. De même que, dans le cosmos matériel, les mom·cments de chaque particule, qu'elle soit libre ou liée aux autres, sont subordonnés à la somme maximale de l'énergie accumulée, de 111ême les mouvements de chaque i'tme, qu'elle soit égoïstement isolée ou dirigée sympathiquement, pcuYcnt réaliser continuellement l'énergie maximale de plaisir. La méca11iq11e sociale appartient tout entière à l'a,·cnir. La beauté de sa sœur ainée est visible à l'œil nu; les traits naissants de l'autre sont encore Yoilés. Le plaisir, dans le cours de l'éYolution, s'est éleYé au-dessus des autres énergies subjectiYes : de l'énergie des membres, de l'énergie inconsciente du cœur ou même de l'intelligence consciente du cerYeau; il détermine leur action comme un ressort délicat prêt à faire partir un engin explosif. Le plaisir, cette force suprême, dirige tous les organes spérnlatifs cl actifs du corps humain, qui est représenté par M. Edgeworth comme un chariot dirigé par un charretier (conducteur). « Un système de
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