La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

• LA MÉTHODE MATHÉMATIQUE tels charretiers et chariots est cc qui constitue la science sociale. Les attractions entre les forces conductrices, les collisions entre les chariots présentent une apparence de régularitc quantitatiYe au milieu de l'effrayante complexité qui ressemble, dans ses traits généraux, au champ de l'électricité et du magnétisme. La conception de l'homme comme une machine de plaisir, Ma11asa plearnre111acbi11e, p ut justifier et faciliter l'emploi des termes mécaniques dans la science sociale » ( r). IV LIMITES DE L'APPLICABILITÉ DU CALCUL Quelles que soient les forces qui constituent l'ttmc humaine ou la société,· pourvu qu'elles se trouvent dans des rapports mutuels et quantitatifs, il est possible d'exprimer mathématiquement leur activité, de donner leur statique et leur dynamique, comme c'est le cas pour la psychologie mathématique et pour l'économie politique pure. Mais le calcul ne peut rien nous dire, ni sur la nature de ces forces agissantes, ni sur leur passé, ni sur leur aYcnir. Ainsi, avec « les représentations » abstraites de Herbart, sous lesquelles il faut comprendre des états de conscience en général, on peut construire - comme l'école de Herbart l'a fait - une mécanique de l'.ime, c'est-idirc, une fois donné les sens, les sentiments, les passions, l'intellect, la volonté, on peut déterminer mathcmatiqucmcnt leur activité, mais le calcul ne peut pas nous dire comment ces 0 divcrscs forces sont apparues dans l'âme humaine; il ne nous dit rien sur la provenance et le dé,·cloppcment de ces diYerscs forces. C'est l'objet de la psychologie animale et de la psychologie des peuples. C'est un fait digne de remarque que ces deux genres de psychologie ont été introduits dans la science et cultivés principalement par des disciples d'Hcrbart .: Waitz, Lazarus, Stcinthal et d'autres. A tel point, ils sentaient l'insuffisance du calcul compris comme constituant toute la psychologie. La· même chose a lieu pour les sciences sociales, entre autres pour l'économie politique. En admettant une certaine quantité de forces, dont le jeu constitue la vie économique dans l'époque contemporaine, on peut mathcmatiquemcnt exprimer cette acti,·ité. Mais le calcul ne peut nous rien dire ni sur la pro,·cnance ni sur le développement de ces forces. Ici, la méthode historique subsiste avec toute son importance. L'histoire du développement des idées économiques forme un chapitre dans l'histoire de la psychologie des peuples. Le calcul ne peut nous donner que la mécanique de l'économie (1) L. c., p. 15.

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