LA MÊTHODE MATHÊMATIQUE prenions une partie infiniment petite ( I). Quand on a à choisir entre deux biens, on se rend' compte de ce dont on a plus besoin. D'autre part, en économie politique pure, nous ne comparons jamais un sentiment d'une personne avec celui d'une autre. Ces comparaisons ne sont nécessaires que dans l'éthique mathématique. C'est la cause pour laquelle elle ne se géveloppe pas de la même manière que l'économie politique pure. Mais un homme peut comparer ses propres plaisirs et sentiments, évaluer. leur intensité respective. Quelques principes simples, ou axiomes, concernant la nature de l'esprit humain doiYent être pris comme point de départ : de même . . que la mécanique est fondée sur quelques simples lois du mouvement; que chaque personne choisira le bien qui lui paraîtra le plus grand ; que les besoins humains sont plus ou moins vite satisfaits; gue le travail prolongé devient <le plus en plus fatigant. V(j)ilà quelques simples vérités sur lesquelles on peut cons'truirc une théorie mathématique et déductive complète d'économie politique. Cette théorie est entièrement basee sur le calcul du plaisir et de la peine. Mais il ne faut pas conclure de là que des plaisirs et des peines plus ou moins grossiers soient traités comme des motifs suffisants pour expliquer tous les. actes humains. Si la théorie utilitaire voit l'unique critérium du bien et du mal dans la quantité de bonheur, de plaisir qu'ils procurent, elle les comprend dans le sens le plus large et le plus haut de ces mots. Tout cc qui a quelque intérêt ou quelque importance pour nous est objet de plaisir ou de peine, forces qui nous poussent à l'action. Elles peuvent faire l'objet de nos calculs et constituent les quantités qui doivent être traitées par les sciences morales, et celles-ci arriYeront ainsi à une forme mathématique. Les sentiments de l'homme sont des plus varies. Il est sujet aux plaisirs et aux peines purement physiques. Il est capable de s'élever aux différents sentiments moraux et intellectuels. Un motif plus élcYc peut contrebalancer en lui toute un série de sentiments d'un autre ordre. Les sentiments de famille ou d'amitié peuvent le pousser à se refuser la satisfaction de certains dcsirs physiques. Les devoirs patriotiques peuvent surpasser en lui les inclii1ations familia_Ies.Mais tous ces cas pet1Yent être calculés comme étant des luttes entre des plaisirs et des peines de diffcrcnts genres et de différents degrcs. Pour une même personne, elles ne diffèrent qu'en durée et en intensité. Elle peut les comparer entre elles . . (r) En effet, strictement parlant, nous ne percevons jamais toute la sensation, de même qu'en regardant un objet nous n'en voyons it chaque instant qu'un point.
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