LA REVUE SOCIALISTE de bonheur, et cela suffit (r) >>. Ainsi nous avons une mesure objective du plaisir, quoique très indéterminée. M. Edgeworth pense qu'avec ces données indetcnninécs sur la quantité de plaisir, il est possible de raisonner mathématiquement en sociologie, quoique d'une façon abstraite et non numérique. Peut-être la physiologie nous donnera-t-ellc, dans un temps plus ou moins éloigne, un moyen de mesurer objectivement les sensations. Alors il ne restera qu'à mettre, au lieu de lettres asbtraitcs, des chiffres, pour avoir un tableau exact des phénomènes sociaux. Jusque là le raisonnement mathématique doit rester tout à fait théorique et philosophique. En tout cas se serait déjà la moitié du chemin de parcouru à la poursuite de la vérité. ,Mais admettons même que tous les résultats obtenus par la psycho-physique soient contestables. Le fait est que nous n'avons pas encore de moyens de mesurer directement les sentiments du cœur humain. Mais cela ne fait point d'obstacle au développement de l'économie politique pure. Nous ne pouYons pas plus connaître ni mesurer la pesanteur, dans sa nature propre, que nous ne pouvons mesurer un sentiment, mais de la même façon que nous mesurons la pesanteur d'apres ses effets dans les mouYcmcnts d'un pendule, de même nous pournns éYalucr l'égalité ou l'inégalité des sentiments d'après les décisions variées de l'esprit humain. La Yolonté est notre pendule, et ses oscillations sont minutieusement enregistrées dans les prix des marchandises. On emploie les unités seulement pour comparer des quantités; mais si nous pouYons comparer les quantités directement, nous n'avons pas besoin d'unités. L'esprit de l'individu est la balance qui fait ses propres comparaisons et le juge suprême des quantités de sentiments. C'est un truisme de dire que des deux plaisirs c'est le plus grand qui détermine une action; car c'.cst l'action. résultante seule qui indique quel est le plus grand. Il n'y a point de plaisirs objectifs; ils sont cc que l'esprit les estime être; de telle manière que nous ne pouYons faire un choix, ni manifester une volonte sans indiquer un excès de plaisir dans quelque direction. • Il est naiquc l'esprit hésite souYcnt en faisant un choix de grande importance; c'est quand il ne peut préYoir ou embrasser toute la quantité de plaisir. L'esprit ne peut pas mesurer, additionner ou soustraire des sentiments, quand il s'agit de grandes masses, de totalités, principalement quand elles ne peuvent se réaliser que dans l'aycnir; mais cc dont il est certain, c'est d'une sensation actuelle, pourYu que nous en (1) Matbematicalpsycbics, p. 9.
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