LA Ml~THODE MATHÉMATIQUE reste qu'à faire le calcul des sentiments, du plaisir, de la peine pour avoir l'économie, l'éthique, en général la sociolpgic mathématique. La science de l'électricité n'est dc\'cnuc exactement quantitative que de notre temps et presque sous nos yeux; auparavant clic était encore dans le domaine <les notions yagucs. Il n'y a aucun doute que le plaisir et la peine ne soient des notions qui admettent la quantité. On peut même <lireque toutes les opérations Je l'industrie et du commerce consistent dans une comparaison quantitatiYe d'ayantagcs et de désaYantages. Mème les théories les plus abstraites de 1a morale reconnaissent le caractère quantitatif du sujet. On peut objecter que les sciences morales manquent de la première condition du calcul, de l'1111ité. Or une telle mesure existe, in abstracto au moins. L'utilité a deux dimensions: l'intensité ët le temps ( cc qui est d'accord an:c la théorie psycho-physiologiste de Fechner). L'unité du plaisir, c'est donc son accroissement infiniment petit dans ces deux dimensions. C'est l'unité du calcul économique. Cette mesure n'existe pas encore complétemcnt en fait, mais elle progresse aYcc l'é\'olution psychique. Par exemple, un homme instruit distingue mieux ses sensations qu'un paysan, celui-ci mieux qu'un animal. Le discernement et l'éYaluation des perceptions psychiques dcYicnncnt toujours plus claires en tendant à la perfection. Pour le calcul moral, il manque encore une dimension; il faut comparer le plaisir d'une personne a,·cc celui d'une autre, il faut éYalucr le plaisir de tout un groupe, ou le plaisir moyen. Il est nécessaire d'admettre cette comparaison, s'il y a lieu de parler <l'une moralité et d'une science de la moralité. C'est un postulat de la justice et une conséquence de l'é\'olution sociale. Cette unité n'a pas encore fait toute son évolution. Il faut supposer qu'un infiniment petit accroissement du plaisir, l'.:prou,·é par qui que cc soit, a la même Yaleur dans le même temps. Une fois la possibilité de comparer les plaisirs et les utilitl'.:s des différentes personnes admises, cette dimension sera mesun.':e par le nombre. Une masse de plaisir consiste en un certain nombre d'unités d'intensité durant une certaine quantité d'unités de temps. La dimension nombre ne présente pas de difficultl'.:sdans son é\'aluation : c'cs_t une affaire de calcul. La dimension temps non plus : c'est une affaire d'horloger. Mais aYec la prcmicre dimension, l'intensité, nous quittons k sol de l'objecti\'ité, et nous aYons affaire à des ato111es de plaisir; l'cvaluation •prcscnte ici des obstacles insurmontables. « Mais, dit M. Edgeworth, nous paraissons capables d'observer qu'il y a ici une plus grande, là 1111pelus petite 111asse d'unités de plaisir,
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