722 LA REVUE SOCIALISTE par les ctats de conscience d'un certain nombre de personnes. Il s'agit d'exprimer mathématiquement ces états de conscience ainsi que toutes les autres circonstances d'un caractère objectif, et l'économie politique pure y réussit très bien. Jeyons, par exemple, affirme (r) que l'cconomie politique doit être une science purement mathématique. En trouvant que les quantitcs, avec lesquelles nous aYons affaire, sont sujettes a des Yariations continuelles, il n'hésite pas a employer la branche appropriée des mathématiques. La théorie consiste a appliquer le calcul différentiel aux notions familières de l'utilitc, de la Yaleur, de la demande, de l'offre, du capital, de l'intcrêt, etc. . Cette science doit être mathématique tout simplement, parce qu'elle traite des quantitcs, comme c'est le cas partout où l'on a affaire à des choses qui sont capables d'être plus 011moi11s grandes. Les rapport~ et les lois de ces ph<'.:nomcnes sont, par la nature même des choses, mathématiques. Telles sont les relations entre l'offre, la demande et les prix des marchandises. Les cconomistes ne peuYent pas changer la nature math<'.:matique de ces relations, en les traitant d'une façon littéraire; on ne peut pas altérer la couleur rouge en l'appelant blanche, dit JeYons. C'est par une pure co1wention que nous exprimons les lois mathématiques de l'économie par des mots ou par des symboles: x, y, z. Seulement la grammaire et les dictionnaires sont insuffisants pour exprimer des relations si compliquces. Les symboles mathématiques ne ·sont point diffcrents dans leur nature du langage ordinaire ; ils sont ~eulement un système perfectionné du langage, adapté à des notions et relations spéciales. Le préjuge qui existe contre l'emploi des mathcmatiques dans les sciences morales provient, entre autres choses, d'une confusion entre les sciences mathématiques et les sciences exactes. On pense gcn<'.:ralement qu'on ne peut calculer que sur des données précises, pour obtenir des rcponses prccises. C'est la un préjugé sans aucun fondement. On peut ~alculer des relations entre des quantités (fonctions et Yariables) indéterminées, ~bsolument de la même façon qu'on calcule les rapports entre des quantités exactement définies. Le plus ou moins d'exactitude qu'on obtient dans les sciences' mathématiques est une chose accidentelle et n'en change pas le caract<'.:re. Du reste toutes les sciences ·commencent par des notions vagues et cc n'est qu'ayec le temps que ces notions deYiennent de plus en plus exactes. AYant Pascal, qui pouYait soupçonner qu'on pourrait mesurn le doute ou la foi? Maintenant le calcul des probabilités existe. Il ne (1) Tbeory of Political eco1w111y, p. 1v.
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