La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LA ~IETHODE ~!ATHÉMATIQUE n'existe pas de démocratie oü tout le monde ait une influence égale sur la marche des affaires. La disposition de ces forces change constamment : de nouYcaux partis, de nom·èllcs fractions se forment dans l'État, grâce à des changements plus ou moins rapides, absolument <le la même façon que changent les idées et les opinions dans l'homme. L'observation de la vie publique, l'histoire, forme une nouYcllc force réfléchie qui entre dans la vie sociale ; ainsi se créent les lois, les institutions qui correspondent à l'activité intcllectucllc de l'homme. Les ré,·olutions correspondent :i la prédominance des passions. Mais il ne faut pas chercher dans l'État des cc pouvoirs » analogues :i ceux de l'àrne; car ces derniers ne sont que des complications de représentations simples. C'était là une erreur de psychologie, qu'il ne faut pas répéter dans la sociologie. Herbart est d'ayis que les lois de la statique et de la dynamique -de l'àmc humaine sont exactement applicables ù la société; il pense donc aYoir donné <lu même coup une psychologie et une sociologie mathématiques. C'était une présomption de sa part. En tout cas son originalité est frappante. Quoique disciple de Kant, il était le premier à introduire le calcul dans la psychologie : d'aprés J._:ant,en effet, c'était impraticable, cc parce que, disait-il, les phénoméncs psychiques sont soumis à la seule condition du temps». Or, il est certain que pour le calcul il faut aYoir au moins deux Yariables. Mais c'est justement cc qui a lieu : nos sensations, perceptions, sentiments sont soumis, non seulement à la condition du temps, mais encore :i la variation d'intensité. Cc sont <les grandeurs intensives qui forment une série dans le temps. Herbart avait donc raison de YOtdoir employer en psychologie la méthode qui est usitée dans la physique, par exemple. Cette méthode consiste à partir d'hypothèses Yraisemblablcs et appuyées sur l'expérience, à leur appliquer le calcul et finalement :i les vérifier par des faits. L'hyr.othésc qui sert de base à sa psychologie, c'est que les états de conscience sont des forces qui luttent entre clics. Cette hypothésc repose, jusqu'à un certain point, sur des faits positifs, et clic est acceptable. Mais Herbart en ajoute une série d'autres qui semblent tout à fait arbitraires (1). Elles sont bien rarement appuyées sur l'expérience. Quant ,\ la vérification expérimentale des résultats, clic manque complètement. De mème, on peut dire que l'analogie qu'Hcrbart trouYe ~ntre l'àme humaine et la société est toute superficielle et arbitraire. Mais l'exemple qu'il donnait était fécond, il montrait la possibilité de construire une psychologie et une sociologie mathématiques. Il ne restait plus qu'i èYiter ses fautes; du reste, beaucoup des lois qu'il a trouYées garderont une réelle ,·alcur. (1) Th. Ribot. La Psychologiealle111a11cdoe1i/e111porai11e, p. 29.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==