La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

Drac a la citade!le, sur les pavés p\ttoresquement accidentés du nou- . veau. et vieux Greri.oble -arrivérent enfin à l'Ali111eutaire, la fournée de midi battait son plein. Par cette belle journée d'automne, l'aspect des bâtiments ou fonctionne « l'utopie de nos pères », n'avait rien de ce je ne sais quoi de raide, de triste et de compassé, qui serre le cœur a l'entrée de tout établissement hospitalier. Rien de plus logique: l'hospitalisation est de la charité, ici il ne s'agit que de solidarité. La cour d'entrée est spacieuse et bien sablée. Dans un coin,_ une serre fournit de fleurs toutes les fenêtres. Sous les grands arbres centenaires encore verts, de nombreux sociétaires prennent gaiement leur repas, en plein air, sur des tables rustiques, que ça et là des rayons de soleil sèment de taches d'or. Tous devisent joyeusement avec les ménagères, venues là quérir un repas tout prêt, quc:, dès qu'elles l'ont obtenu, elles emportent lütivement. Campés au milieu <le la cour, plusieurs groupes disctnent gravement la composition de leur menu, d'.1prés le tableau donnant les plats du jour, avec prix en regard. Dans les deux grands réfectoires couverts, ou de larges baies vitrées, donnant sur la cour d'entrée et montant jusqu'au plafond élevé de quatre mètres, distribuent l'air et la lumière avec une prodigalité, gage certain de salubrité, c'est le même aspect de relatif bien-être. L'un de ces rcfectoircs a seize mctres sur six, le second neuf sur cinq. Un troisième, ou plutôt un second (car, a proprement parler, les deux premiers n'en font qu'un), est réserve aux femmes qui veulent être seules ou aux familles. Chacun se place ou il lui plait, autour des tables, ou l'on trouve des assiettes en porcelaine opaque, des cuillers et des fourchettes en fer battu et étamé, des couteaux, des verres, des carafes, du sel, du poivre, du vinaigre et de la moutarde. Le premier soin d'un client doit être de se procurer une carte de sociétaire, valable pendant un an, qui lui cot'.1teo fr. 25 pour avoir le droit d'emporter les aliments a domicile et un franc pour les consommer sur place. Le sociétaire, porteur de sa carte, se présente d'abord i un guichet situé dans la cour d'entrée de l'établissement. Là, il achète des jetons. Il y a six espèces de jetons : sôupe, viande, légumes, vin, pain, dessert. Chaque jeton porte d'un côté les armes de la ville de Grenoble, avec cet exergue : Assàcialio11ali111e11taire, t, de l'autre côté, le nom de la denrée qu'il représente. Les jetons sont en cuinc et varient par leur couleur et leur forme. Le sociétaire, muni rk jetons, demande les aliments qu'il veut emporter chez lui i un guichet qui commumque de la cuisine a la 45

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==