mrn « l ..l'OPIE » DE I 848 société ,\ se dissoudre aussitôt, ou à fonctionner à ses risques et périls. Disons de suite que cette éventualité ne s'est pas présentée : la caisse n'a jamais été en déficit ; l'administration municipale n'a eu aucune ayance à faire et le mobilier fut payé au moyen d'un emprunt, ouvert parmi les sociétaires, en actions de 5 francs, jusqu'à concurrence de ..J., 500 francs, remboursé, du reste, depuis longtemps. I.'INAUGCRATIO~ Enfin, le 5 janYier r85 I, tout était prêt et l'Association fut installée dans son local. Au banquet d'inauguration de rigueur figurèrent toutes les conditions sociales. Nous vous épargnerons les comptesrendus des journaux locaux, tous d'une honorable banalité, dans le style poncif de l'époque. Mais nous croyons bon de citer quelques passages du discours du maire, M. Taulier, que prés d'un demi-siècle plus tard les égoïstes à courte vue et les gouyernants aveugles pourront encore lire avec fruit : Cette institution est la' mise en œuHe d'un principe large et fécond. L' isoll'111e1re1pt résente l' i111pi1ss1a11ce ; la force résulte de l'associaiort. Les aliments pn::pan,:sdans notre cuisine ne· seront pas seulement livn::sà un prix minime : ils se feront surtout remarquer par leur qualité et leur propreté parfaite. Libérée d'un souci importun, la femme <l'el'associé consacrera plus de temps à ses enfants et aux occupations destinées à accroître les ressources d,u ménage. C'est l'émancipation de la femme, non au profit de l'oisi,·eté, mais .1uprofit du travail. Nous engageons à méditer fortement ces deux derniércs phr.ascs, le président du Comité de l'Alimentation parisienne, M. Margucry, qui dans un banquet de la société de participation aux bénéfices, tenu c 20 mars 1892, se laissait aller à prononcer les paroles suiYantes, contre lesquelles M. Charles Robert, au nom du Comité central coopératif, dont il est secrétaire général, protestait immédiatement: Au point de vue moralisateur, je n'assimile pas les sociétés coopératives aux grands magasins, qui, incontestablement, sont démoralisateurs par excellence; mais il n'en est pas moins vrai que les sociétés coopératives sont un danger qu'on n'a pas l'air d'aperce'\'oir, et qui cependant existe :· c'est qu'elles annihilent de la façon la plus complète un être auquel nous dernns toujours penser : la femme. La femme perd la plus grande partie de son rôle dans le ménagè; eJie ne l'occupe déjà plus aujourd'hui ; eJie n'a plus qu'à aJler chercher tout préparé ce qu'il lui faut ; eIIe n'a plus à être ménagère comme autrefois; elle n'a plus à s'occuper; peu importe, qu'elle soit plus adroite que ses voisines; tout lui est pr~paré il l'avance. Et alors, vous faites des femmes d'ouvriers qui,, en grande p,1rtie, sont paresseuses, qui vont voisiner, qui ne
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