702 l.A REYUE SOCIALISTE France, cette fois encore, aprcs a,·oir envisagé les difficultés inhérentes :'t l'établissement de toutes piéccs de la coopération de production, clic eut l'idée d'aborder le problème par l'autre bout, par la coopération de consommation. C'est en 1850 que cette idée surgit au maire, M. Taulier. Mais sur quelles bases organiser cette coopération? ... La créer de toutes pièces, sans précédent, sans modèle, était une grosse affaire, comportant une lourde responsabilité, capable de faire hésitc;r plus d'un timoré. Heureusement, plusieurs membres du Conseil municipal apprirent qu'une « association alimentaire ii existait à Geneve : le maire se hâta d'ecrirc pour avorr des renseignements, qu'il communiqua au Conseil. Une commission fut nommée : clic se composait, outre le maire, membre de droit, de MM. J. Arnaud, ancien député de l'Isere, ancien maire de Grenoble; Scrtier, magistrat, devenu ensuite président honoraire à la Cour d'appel, et Michal-Ladichèrc, avocat. La commission émit un avis favorable et le Conseil vota, en principe, la fondation de l'Association alimwlaire. Le maire fit en personne le voyage de Genevc; il ne trouva qu'un germe, un embryon, destiné à bientôt disparaître; mais cela lui permit de concevoir le plan d'une création plus completc et qui, encouragée et aidée au début par l'administration municipale, ne tarda pas à prospérer. Ces encouragements et cette aide ne furent, d'ailleurs, nullement marchandés. Le Conseil mit d'abord gratuitement ;\ la disposition de la société un local, qu'elle occupe encore, mais où elle a effectué des constructions et des réparations considcrables et pour lequel clic paye - depuis longtemps - à la ville un loyer. Le maire hâta les travaux ll'appropriation, fit frapper des jetons, acheta à crédit le mobilier et les ustensiles nécessaires. Pendant qu'on s'occupait de ces soins matériels, des pl;cards affichés sur les murs de la ville provoquaient les souscriptions et convoquaient :'i. l'Hôtci-dc-Ville les présidents et présidentes des sociétés de bienfaisance et de secours mutuels, auxquels on exposait le but et la nature de la fondation que l'on poursuivait. Puis des listes étaient colportées :'t domicile et l'on recueillait ainsi, en peu de temps, plus de huit cents souscriptions. Le 27 novembre 1850, les souscripteurs furent réunis sous la présidence du mairé, qui répondit aux objections et fournit tous les éclaircissements demandés. Séance tenante, une commission de sun·eillancc fut nommée. Dès lors, tout marcha rapidement. Le 4 décembre, la commission arrêta un règlement provisoire et forma le bureau ; le 9, les employés furent nommés; le 1 r, le Conseil délibéra que si la tentative échouait, après une certaine période ll'expériences, la caisse municipale ferait face au déficit, sauf à la
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