La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

jOO LA RE\.UE SOCIALISTE demain même de la Yictoirc il était hautement aYOlH!et proclamé par ces deux phrases te~tuelles du célèbre décret du 2 5 fénier : Le gouvernement provisoire de la République française s'engage à garantir l'existence de l'ouvrier par le travail ; . Il s'engage à garantir dtf travail à t~us les c}toyens. C'est à cette promesse formelle que le peuple eniué riposta par la noble et touchante acclamation : - No11savons trois moisde 111iserneu servicede la Rép11bliq11e ! ... On sait comment ces promesses furent tenues : le peuple supporta courageusement sa miscre et ne descendit dans la rue que quand le gouYcrncmcnt, par incurie, égoïsme et mollesse, sinon par trahison, aprcs s'être borné à organiser les ateliers11nlio11a11x, dut se résigner à les dissoudre brutalement et à jeter ainsi sur le paYé rno,ooo hommes, qui coûtaient au Trésor Yingt-trois sous par jour. Mieux Yalait en tuer 12,000 et en arrêter ou déporter 20,000. C'est ce qu'on fit, en ces néfastes journées de juin, qui ne réjouirent que la réaction, et au cours dcsq uclles les fusils partaient des deux côtes au cri de : << ViYc la République !... _» Les tendances au recul ne se firent cependant point jour immédiatement après cette grande saignée, qui privait la République de ses plus Yaillants défenseurs. C'eût été montrer trop tôt le bout de l'oreille et compromettre peut-être le succcs final. On n'eut point cette imprudence : on laissa <l'abord la parole aux doctrinaires, qui avaient eu l'inconcevable ayeuglcment de déserter cc jour-là la cause du pc~1plc, les Lamartine, les Arago, les Garnier-Pages, les LedruRollin. Le plus clair du succcs de ceux-ci - succès acheté si cher - fut le decret du 5 juillet 1848, rendu sur la proposition de M. Michel Alcan et le rapport de M. Corbon, qui om-rit au Ministère de l'agriculture un crédit de trois millions, destiné à être réparti, à titre de prêt, entre les associations contractées soit entre ounicrs, soit entre patrons et ouvriers. En même temps, ctait institué au Ministcrc du commerce un conseil d'encouragement, chargé de répartir ce crédit et de régler les conditions d'exécution. Dix jours aprcs, le 1 5 juillet 1848, un autre décret, complétant le premier, autorisait M. le Ministre des traYaux publics à adjuger ou à conccdcr des traYaux aux associations ouuicrcs. Il fut rendu sur la proposition de M. Latradc et le rapport de M. Mourand, qui, dans son passage principal, s'exprimait ainsi : Jusqu'à ce jour, il était impossible aux associations d'ouvriers de soumissionner les travaux publics; les règlements d'administration imposaient pour

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==