La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

•UNE « UTOPIE » DE r848 UNE « UTOPIE >~ DE L'ALIMENTAIREDE GRENOBLE LA GENÈSE DE_ L'IDÉE Lorsque la République, égorgée une pren;1cre fois par la scélératesse du premier Bonaparte, tuée dans l' œuf, en 1830, par la jobarderie sénile de Lafayette, ressuscita enfin, en fcwier 1848, la vieille société se sentit secouée par un frisson jusqu'au plus profond de ses fondements. Un moment, par toute la vieille Europe, les trônc:s tremblèrent : des mouvements populaires éclatèrent ou grondèrent sourdement en Allemagne, en Espagne et en Italie; bref, partout surgit l'espoir de pouvoir enfin ache\'er l'œu\'l'e, si magistralement ébauchée, plus d'un demi-siècle auparavant, par la grande, l'impérissable Révolution. La France qui, cette fois encore, avait pris l'initiative du mouvement, était tout d'abord résolue à le pousser logiquement jusqu'a ses extrêmes conséquences. Nourris à l'école des Fourier, des Saint-Simon, des Cabet, des Considérant, des Proudhon, les républicains savaient bien que l'œuvre de leurs grands-pères aurait disparu; si elle n'avait consisté qu'a établir l'égalité civile, sans l'étayer par le morcellement, au profit ·des paysans, des biens de main-morte et des immenses domaines que les émigrés laissèrent sou\'ent en Jachères, pour y mener plus à l'aise leurs chasses ! Aussi voulaient-ils suivre cet exemple et, la Révolution agraire paraissant faite, étayer !'Égalité politique par la Révolution sociale. Ce but était si nettement visé, si clairement poursuivi, qu'au len-

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