La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

688 • LA REVUE SOCIALISTE ne plus vouloir traYaillcr le jour ou leurs pauncs lopins de terre se trouveront réunis et confondus a\'cc les riches domaines des beaux messieurs de la Yille pour le partage communautaire des moissons entre ceux-là seuls qui auront peiné au moment des semailles! La grosse affaire sera de déterminer dans chaque commune rurale le nombre et les attributions des tranillcurs qui doiYcnt équitablement être compris dans la répartition des produits agricoles du domaine communal. Toute fonction utile doit rcccYoir la part qui lui rcYicnt. C'est sur cc point que les communes dcnaient être libres de multiplier les essais de systèmes égalitaires. Les cxpericnccs à faire indiqueront la règle à suivre. Après aYO.Îrsyndiqué les propriétés pour le labourage profond et la fumure intense des terres fortes, ou pour la transfotmation en d'autres cultures des mauYaiscs terres à céréales, ou pour l'utilisation économique des machines les plus pcrfcctionnecs, on syndiquerait a·ussi les propriétaires pour l'achat de graines de bonne qualité, l'augmentation du bétail et pour la création de magasins généraux d'entrepôt et de \·ente en commun. Les syndicats formés pour l'arrosage d'un périmètre délimité, pour les traYaux de défense contre les crues des riYièrcs, pour l'assainissement des terres humides et insalubres, n'offrent-ils pas déjà l'exemple de propriétés associées? Les associations pour mettre en commun dans une fruitière tout le lait d'une contrée et pour le t~·ansformcr en beurre et e·n fromage, ainsi que les associations pour expédier et vendre en commun sur les marchés lointains les légumes et les fruits d'une région , n'offrentelles pas l'image des résultats que les propriétaires obtiennent en augmentant la Yaleur de leurs produits par la diminution des frais genéraux d'une organisation collective? Quelles seront les indemnités offertes, pendant la période de transition entre le régime indiYidualistc et le régime socialiste, aux propriétaires qui ne sont pas domiciliés dans les communes rurales et qui jugent à propos d'aller dépenser au loin tout cc qu'ils pcuYent tirer de la terre par les trayaux d'autrui? Les législateurs des États socialistes confédérés indiqueront les mesures graduelles qui, dans l'avenir, devront légalement effectuer toutes les reprises jugées indispensables à la prospérité agricole des communes : organisation des services publics, éducation communautaire des enfants, limitation des héritages, taxe progrcssiYc sur les revenus, etc. Scion les ressources particulières, scion les industries locales, scion la diYcrsité des intérêts personnels en jeu, les communes soumises aux lois socialistes denont choisir les procédés les plus équitables pour l'éyolution pro;;rcssivc des changements de forme de la propriété terrienne.

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