RÉFORMES AGRAIRES Il serait vraiment trop téméraire de s'arrêter à une formule unique pour trancher toutes les difficultés. Mais la considération essentielle qui ne devrait jamais être perdue de nie dans la recherche des mesures appropriées aux circonstances et aux milieux pour réaliser les réformes agraires, c'est la difficulté de rallumer chez le paysan maladroitement instruit la passion un peu éteinte de la terre, sans lui promettre l'attrait de la possession intégrale des produits récoltés. Tout le monde convient qu'il ·est temps de retenir à la campagne pour la production des choses nécessaires à l'existence ~es travailleurs qui émigrent en masse dans les villes pour encombrer le marché industriel d'objets de luxe futile. * * * Co~cwsro~. - La synthèse des reformes i,olitiques, économiques, sociales, et même religi_euses que la rcalisation des réformes agraires selon les quatre principes formulcs (-A-B-C-D) comporterait, demande des dcveloppements qui sortent du cadre étroit de cette étude. Après avoir compare les diYerses formes de la propriété dans les oun-ages du docteur Letourneau et de M. Émile de Laveleyc, je me suis permis de présenter quelques conceptions d'avenir possible, puisqu'elles sont l'image des faits passcs ou présents. Comme le laboureur qui fixe son regard sur un point de l'horizon pour aiguiller le soc de la charrue, j'ai regardé dans le lointain; ks inductions inspirées par le désir d'être utile m'ont indiqué. un point de m\re pour orienter le socialisme agraire; je sais bien que les sillons de mon labour n'iront pas aussi loin. La démarcation d'une petite propriété familiale constituée en une cspcce de majorat héréditaire pour pouvoir organiser à côté une grande proprictc collectiYe s'écarte sans doute de l'idéal des socialistes ks plus illustres. Je crois que la raison, le bon sens et le génie des créateurs de systéme ne suffisent pas à l'élaboration des lois bienfaisantes. Les traditions des hommes et les faits acquis doivent entrer en lignl: de compte pour orienter une législation approuvée du paysan, aujourd'hui et demain. Solon di.sait: (( J'ai donné aux Athéniens non les meilleures lois qu'on puisse concevoir, mais les meilleures qu'ils puissent supporter». Cette étude de bonne foi et de bonne volonté essaie de montrer aux paysans, non un socialisme qui les étonne par sa perfection idéale, mais un socialisme qui leur convienne par ses résultats pratiques. JUSTIN ALAVAILL. 44
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