La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

\ RÉFbRMES AGRAIRES respecter les coutumes indigcncs et de borner les bienfaits de son protectorat à l'introduction des meilleurs procédés agricoles; cc système de culture collcctiYistc scientifiquement guidée, produit à l'heure actuelle, dans l'île de JaYa, des rcsultats mcrYcilleux : le paupérisme y est inconnu; l'accroissemcut périodique de la population y est plus considémble que partout ailleurs, sans concours d'immigration. Il ne s'agit pas de rcYenir sans profonds changements au régime communautaire qui persiste malgré tout dans diYers districts de l'Irlande, de l'Écosse, dans-la plupart des proYinces de Russie et dans quelques hautes vallées des Alpes, en Suisse et en Autriche; mais, il ne paraît ·pas inutile de faire remarquer que le. partage des produits agricoles, d'aprés les besoins de chaque famille, développe la population parmi les nationalités oü cc régime de propriété communautaire a été conserYé. Non, mille fois non, il ne s'agit pas de rcYcnir aux formes sociales disparues et aux mccurs des peuples dont l'aYanccment dans la cÏ\·ilisation ne s'est pas effectuée sous l'aiguillon de la libre concurrence entre les individus. Il s'agit de trouver un régime mixte de propriété indiYiduclle et de propriété collectiYc qui n'impose ni aux hommes ni aux femmes des entraves trop gênantes dans leur désir naturel de déplacement et de changement d'existence, et qui fasse en même temps renaître, chez tous, l°cspFit de solidarité humaine des tiges primitifs. Le problémc, ainsi posé, est-il insoluble ? Au lieu de conccYoir un rê\-c pour trouver la solution, les législateurs socialistes doiYent s'inspirer des enseignements offerts par les traditions et les coutumes de l'Inde, de la Chine, du Japon, des îles de la Malaisie, des pays slaves, pour ne parler que des peuples qui sont aujourd'hui plus YiYants que jamais; ils doiYcnt enfin porter leur attention sur les surYiYances tenaces des usages collectiYistes au mil_icu des régions accaparées ou émiettées par l'égoïsme de l'indiYidu : droit de pacage du leYer au coucher du soleil; droit <le couper, dans la forêt communale, le bois nécessaire au chauffage et aux réparations de chaque maison; droit de culture aYec une bêche pour récolter sur la montagne le seigle et les pommes de terre au profit de chaque ménage; et cent droits coutumiers maintenus, même en France, dans un grand noü1bre de cantons._ Si l'on Yeut arrêter la dépopulation de nos campagnes, et faire renaître la prospérité de l'agriculture, il est temps de former des associations syndicales et communales pour la production collcctiYc des moissons et des récoltes, qui constituent des yaleurs d'échange et qui sont l'objet de la consommation générale.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==