RÉFORMES AGRAIRES ---·------~--------------------- surfaces emblavées sans diminuer la quantité des récoltes, aménager les eaux des rivières pour étendre le périmètre des irrigations et mieux rég_ulariser les arrosages déjà établis, multiplier les chemins, les routes . et les canaux pour la mise en valeur des espaces incultes, a tort négligés jusqu'.\ présent. Il faudra construire des greniers, des caves, des magasins, des bazars communaux. Il faudra unifier dans chaque commune les services publics pour acheter et pour vendre au profit de l'agglomération agricole associée, et pour acquitter les redevances dues a l'administration dirigeante et protectrice des divers pouvoirs publics chargés d'attributions distinctes : conseil proYincial, gouvernement national, union fedérativc de toute une. race, et, plus tard, confédération universelle du genre humain civilisé. L'ambition du paysan se bornera tout d'abord, et avant tout, aux progres -pratiques a réaliser dans la commune qu'il habite, dans le champ d'essai de son association avec ses parents, ses amis, pour préserver de la misère les familles qu'il connaît et dont le bien-être doublerait le sien. Mais le paysan ne doit pas rester indifférent à ce qui se passe au-delà de son horizon. Qu'il obtienne quelque aisance par la mise en commun et l'exploitation rationnelle des terres de son village, et toutes îes satisfactions morales qu'il désire lui viendront par surcroît à bref délai. * * * Sous la réserve d'indemnités à débattre, d'avantages temporaires à distribuer et de conditions d'assentiment public à déterminer, la création légale d'un domaine communal ou d'une association syndicale pour la mise en Yaleur des terres de chaque village ne peut pas être considérée comme une utopie. Cc systéme d'exploitation agricole a été appliqué pendant des milliers d'années dans tous les pays du monde, et il apparaît encore à plus de la moitié du genre humain conmi.e le seul compatible avec le souci de l'intérêt général. Il n'est question ici, bien entendu, que du principe communautaire de l'appropriation du sol. Car, selon les races, selon les climats, selon le degré de civilisation des peuples, les applications de ce même princip'e ont dû varier à l'infini dans le passé, et varieront également sans nul doute dans l'avenir. La science a établi que la communauté de la propri~té territoriale des viliages florissait dans l'antique Égypte, .\ l'époque de Sésostris, et dans le vaste empire des Incas, au Pérou, avant la conquête des cruels chrétiens espagnols. Cette antiquité d'origine ne doit pas être cause de l'abandon et de la condamnation d'un principe excellent : pourquoi ne pas chercher à le concilier avec les milieux modernes et l:!s besoins nouveaux ? Il ne s'agit pas de remettre en honneur le_pouvoir despotique des
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