682 LA RE\'UE SOCIALISTE les parcelles de terre qui constituent l'instrument de travail de chaque agglomération d'ouvriers agricoles. Tandis que le monde industriel concentre les capitaux et enrégimente les traYailleurs en \'UC de la production économique d'objets souvent futiles, les paysans qui produisent les éléments essentiels de la vie, continueront-ils à vine dans un isolement égoïste qui les condamne à la misère noire? La plus grande partie du produit de leur travail revient aux rentiers et aux oisifs absents de la terre qu'ils font exploiter et aux nombreux intermédiaires chargés de mettre en relations les producteurs et les consommateurs. N'est-il pas nécessaire de constituer dans les communes agricoles une ou plusieurs propriétés collectins exploitées par un ou plusieurs syndicats ou par l'association coopératiyc de tout un village? Tant qu'il se borne à produire des objets de consommation pour Lui, pour sa famille, pour ses amis, des Yaleurs d'usage dont il règlera l'emploi, le paysan n'a pas ;\ se préoccuper de l'opinion et du goût des autres. Il arrange à sa guise les meubles de sa maison. Il cultiYc comme il lui plaît l'enclos, petit ou grand, mis à sa disposition, dès qu' i1remplit les dcYoirs d'un père de famille ou les devoirs d'altruisme . de Yertu similaire. Mais, lorsqu'il produit une valeur d'échange, un objet de commerce, des grains, des plantes, des fruits, des fleurs ou des racines pour l'usage alimentaire ou industriel d'autrui, son travail ne denait plus se faire ayeuglémcnt dans l'incohérence de la fantaisie personnelle. La collcctiYité a le droit de prendre des précautions pour que chaque consommateur soit fixé sur la qualité réelle des produits agricoles qu'il consomme. L'association syndicataire ou communale, scientifiquement dirigée pour la production d'aliments tels que le fromage, le beurre, le Yin, le cidre, l'huile, offrirait des garanties hygiéniques autrement sérieuses que l'esprit de concurrence entre les indiYidus. Il n'y a que l'association syndicataire ou communalistc des parcelles comprenant une nstc étendue de territoire, qui puisse constituer les grands champs d'expériences agronomiques et d'exploitations scientifiques pour la production rationnelle des valeurs d'échange. Les ouvriers agricoles des pays d'EL~rope, n'ont pas d'autre moyen pour lutter sans désayantagc contre la concurrence effrénée des productions cxtcnsiYcs et intensiYes qui augmentent sans cesse dans les pays moins peuplés des autres parties du globe. Toutes les cultures ne s'accommodent pas de la petite propriété. Il faut modifier l'outillage, installer des machines, se pourYoir de semences de qualité supérieure, prodiguer les engrais appropriés à la culture de chaque parcelle, choisir les étalons pour l'amélioration des races de tous les animaux domestiques, parvenir à réduire les
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