680 LA REVUE SOCIALISTE ont du bétail. Dans les pays du Nord, ces insectes ne font pas d'inutiles provisions pour l'hiYer pendant lequel ils ,,ivcnt engourdis; mais, dans les pays chauds, où leur activité n'est pas suspendue de toute l'année, les fourmis construisent pendant la saison sèche 1es magasins où elles entassent, en prévision des besoins de la saison pluvieuse, une graminée dont elles sont friandes. La fourmi agricole, obscrY<:C :m Texas par le docteur Linccum, ,,a bien plus loin : chaque année, elle déblaie devant sa fourmiliérc un terrain circulaire, y scrnc une graminée, puis la récolte en gerbes qu'elle emporte dans ses greniers; elle tric les grains de la paille. Lorsq uc les grains emmagasinés sont humides, clic prend le soin de les sortir pour les sécher au soleil et les rentrer ensuite. Les ruches d'abeilles démontrent mieux encore que les fourmilicres combien est tenace l'instinct de l'appropriation priYee chez les animaux. Les abeilles donnent aussi aux ouniers agricoles l'exemple du travail, de l'epargne et de l'esprit de solidarité. Il arrivera peut-être que les paysans prendront pour modèle de groupement social les colonies de fourmis et d'abeilles, où nul de ces insectes ne puise jamais au fonds commun au-delà du strict nécessaire, et oü nul ne possède -rien sans l'offrir en partage a ses semblables. Mais la renoYation de demain doit s'accomplir avec les idées d'aujourd'hui et les Yertus ataviques d'hier. Présentement, l'ounicr agricole ne saurait se passer d'une proprieté indiYiducllc; il a besoin d'un logement qui soit à lui, rien qu'a lui, d'un lopin de terre oü il puisse faire pousser des arbres et des plantes avec l'ombrage, la verdure, les fleurs et les fruits de son choix. Il faut bien tenir compte de cet état d'âme. L'appropriation individuelle d'une maison et d'une parcelle de terre dont l'étendue serait déterminée par la puissance communale ou cantonale est indiquée comme but des réformes agraires à rbliscr par le socialisme; mais il faut bici:i se garder de fixer un chiffre de contenance. Il est prudent de s'abstenir d'indiquer aussi le genre de propriété que chaque commune devrait mettre :'t la disposition des familles ou des groupes amicaux. équivalents qui peuvent la composer. Cela dépend d'une foule de circonstances particulières dont la variété écarte la supposition d'une rcglc uniforme. Quelques arcs dans les bas-fonds des plaines arrosées, ont souvent une valeur agronomique plus considérable que plusieurs hectares d'une région aride ou montagneuse. Selon leur position géographique, scion le chiffre des habitants, selon les ressources naturelles du pays, scion les besoins des cultures, les communes auront i déterminer le genre et l'importance des propriétés individuelles et la manicre d'organiser la propriété collective pour assurer l'existence des habitants et pour subYcnir avec équité aux charges de la Confédération des États dont ces mêmes commune 5
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