La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LA REYUE SOCIALISTE Yérité. Dans les recherches en vue du bonheur humain, on ne peut trouver que des améliorations relatives et passagères. Tout progrb, réalisé n'est qu'un acheminement vers de nouYeaux progrés. Il .ne faudrait donc pas déduire de l'énoncé du principe sur la source du droit ù la propriété personnelle agricole que les paysans, qui pour une raison quelconque ne travailleraient pas pour subyenir aux besoins d'une femme et de ses enfants, seraient privés de l'avantage attaché:\ la culture de la terre .. L'adoption d'habitudes communautaires implique l'idée de nombreuses exceptions à la règle, si l'on ne yeut pas porter atteinte ù l'indépendance des individus. L'essentiel est que la fantaisie individuelle n'aille pas à l'encontre du bien-être gcnéral, comme cela se voit sous un régime où chacun est libre d'accaparer sans limite ou d'émietter à l'infini les champs de productions agricoles. Des établissements publics, construits sur le modèle des hôtels confortables des Yilles, pourraient dans les communes rurales donner satisfaction aux goûts de vie solitaire ou d'existence commune parmi les travailleurs des deux sexes qui, par misanthropie, par goût bizarre ou pour n'importe quelle cause d'ordre intime, préféreraient viYre ;\ l'écart des joies et des douleurs familiales. La construction de ces phalanstères ne s'improviserait pas; comme il faudrait d'abord adapter :rnx besoins nouveaux les richesses sociales déjà créées, tout groupement fondé par la sympathie passagcre ou l'amitié durable serait assimilé au groupe familial en droits et en devoirs vis-à-vis de la terre. Au-dessus de tous les principes sociaux admissibles, il y a l'idce du travail utilement rempli qui rend chaque individu souverainement libre de disposer.\ son grc de ses loisirs et de ses affections. Le socialisme ne constituerait pas un progrès, s'il imposait aux gens qui n'en veulent pas les mêmes procédés de vine h(;ureux. * * * Si l'on fait abstraction de l'idce moralisatrice contenue dans le principe émis comme base de réforme agraire, on peut dire que son application généralisée ramènerait l'humanitc entière à la communautl'.: primitive des villages. Et pourquoi l'humanitc ne reviendrait-elle pas résolument :\ une forme communautaire de proprictc terrienne dont l'infériorité n'existe que dans l'imagination des hommes chez qui le jugement a été oblitén'.: par les traditions aristocratiques et ploutocratiques de la barbarie romaine? Toutes les populations aryennes del' Asie qui n'ont pas été pern~rties par la domination de la louve romaine ont gardé le rl'.:gimc de la çommunauté agricole. La Chine conserve avec un soin jaloux les

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==