RÉFORMES AGRAIRES aliéniste. Pour les penseurs socialistes de toutes les écoles, la Yénération de la mère et l'amour des enfants sont en même temps des deYoirs impérieux et des joies saintçs. Car la pratique des vertus les plus douces de l'humanité n'est pas suggiréc par l'influence des inventions surnaturelles. La chimère superstitieuse, qui fait détacher peu ou prou le cœur humain de l'amour des êtres Yivants si heureux d'offrir le témoignage de l'affection paternelle eu de r,ccc:voir les marques de la piété filiale, engendre trop souvent l'individualisme réfractaire au bonheur des familles. En présence des calomnies sur les visées du socialisme en matierc familiale, il est bon d'affirmer que la famille naturelle, c'est-à-dire l'association réciproquement volontaire de l'hômme et de la femme pour adoucir la vie commune, est considérée par les socialistes comme un organisme social à conserver même dans le cas de progres altruiste des coutumes et des mœurs. Les paysans ont le loisir cérébral des longues méditations en remuant machinalement la terre ; l'idée pénetre avec lenteur dans leurs paresseuses cervelles; mais quand clic s'y enfonce, on ne l'arrache plus. Ah! s'ils pouvaient tous comprendre ce que serait pour eux l'avcnemcnt du socialisme! Ne doivent-ils pas commencer à se douter que l'on se moque d'eux, lorsqu'on vient leur raconter que les socialistes demandent la communauté des femmes comme celle des biens ? Les socialistes, dont les sentiments naturels d'affection et d'amour ne sont pas détournés Yers les mythes du ciel, comprennent mieux que quiconque la. nécessité de lier l'intérêt terrestre a l'accompli5scmcnt des devoirs familiaux. Les paysans admettraient parfaitement que la puissance publique de leur commune ou de leur canton entendit légitimer le droit de possession de la terre en: faveur des laborieux qui la fécondent, non seulement pour se nourrir eux-mêmes, mais aussi pour nourrir les vieux parents, la femme, les enfants, toute la maisonnée dont ils sont le mtile soutien. Les paysans approuveraient de grand cœur les transformations graduelles du droit de propriété qui évolueraient légalement, pacifiquement, Yers les réformes agraires basées sur le principe familial. L'homme qui ne veut pas âccorder son appui a la femme qu'il a rendue mère et qui se dérobe sans remords aux charges de l'éducation de son enfant n'a pa\>grand besoin de propriété rurale personnelle et héréditaire. L'union sympathique avec une femme, la procréation ou l'adoption d'enfants, tels sont les titres les plus légitimes pour justifier la jouissance exclusive d'une maison et d'un enclos y attenant. • Cependant les principes formulés pour orienter les demandes de réformes agraires ne doive,1t en aucun cas être compris dans un sens absolu. Les meilleurs des prinçipes ne peuvent contenir qu'une part de
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