RÉFORMES AGRAIRES rites d'agriculture communautaire, et tient en mépris les nations réputc'.:cs de civilisation supc'.:ricurc chez lesquelles la propriété du sol est completement mobilisée. Il ne peut pas entrer dans la tête d'un lettri'.: d1inois que l'on puisse sans crime rompre le lien naturel attachant les hommes à leur Grand' Mère nourricière, la terre. En consultant les ouvrages de M. de LaYeleyc et du docteur Letourneau sur la propriété agricole et ses diverses formes, on pourrait multiplier les exemples pour prouver que les lotissements périodiques de la terre se sont opc'.:réspendant des siècles et sous toutes les latitudes sur le principe naturel des besoins familiaux. Le pri11cipc en discussion n'est donc pas une utopie; c'est tout bonnement le système qui a étt'.:rcalisé partout, avec des applications plus ou moins égalitaires, selon les mœurs politiques des peuples et des races. Dans la Dessa javanaise de nos jours, la propric'.:téprivée héréditaire et indivisi~le, représentée par une habitation familiale avec le verger attenant, se combine aYcc la proprit'.:té collcctiYe inaliénable des grandes rizicrcs cultivées en commun et des vastes champs rt'.:scrvés ;'t la production des Yaleurs d'échange, comme le café ou le cacao. Le régime de la communauté de village est loin de disparaître; il convient encore i plus de la moitié du genre humain. Les survivances de cc rt'.:gimesont nombreuses, même en Europe. Est:-ce que, sans le maintien de traditions communautaires pour le pacage du bétail, les hautes Yallécs des Alpes et des Pyrénées resteraient habitables? Le~ . gens n'y trouveraient plus des éléments suffisants de subsistance. En développant les autres principes proposés ici comme base des rt'.:formes agraires pratiques, il sera nccessaire de prouvc·r que le progrès agricole ne se rcaliscra qu'en tenant compte des découYertes de la science moderne pour une utilisation nouvelle des propriétés collectives dont la forme est Yicille comme le monde. L'idée du dcrnir familial rcguliércmcnt rempli pour légitimer le droit d'appropriation personnelle raisonnablement mesurée n'est pas ncuYe non plus. . Dans les communautés agricoles des cantons de Saint-Gall, Glaris et Schwitz en Suisse, connues sous le nom de All111ende11, on tient en Tésen·e un certain nombre de lots pour les attribuer aux nouveaux ménages. Il_ en est de même dans les associations solidaires et coopératives du Mir russe et de la Zndrouga serbe. En dépit des préjugés individualistcs, la culture de la terre ne laisse rien a désirer dans les cantons où le régime communautaire de la propriété n'a pas été détruit sous prétexte de progrès. Les inconvénients d:i partage des successions sont tels que les paysans de Russie qui avaient divisé en lots aliénables et héréditaires
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