La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

RÉFORMES AGRAIRES les proe<'.:désdu collectivisme primitif; ils s'arrangent pour labourer, semer, récolter aux mêmes époques de l'année; le désaccord d'un seul paralyserait ou rendrait stérile le tranil des autres. Beaucoup de champs arpentés avec soin par les géomètres pour le découpage en morceaux restent indivis, en fait et malgré tout, en vue d'une culture raisonnable; les frcres ou les cousins cohéritiers, s'associent pour cultiver en commun et partager les récoltes. Mais comment les héritiers des h6ritiers pourront-ils s'entendre aprcs quelques autres générations? ... * * * COMBINAISON DE LA PROPRIÉTÉ INDIVIDUELLE AVEC LA PROPRIÉTÉ COLLECTIVE Il n'a étt'.: question, jusqu'à présent, que des nuisances de la propriétt'.: individuelle trop grande ou trop petite relativèmcnt à l'utilisation rationnelle de la terre pour le corps social tout entier. Les conséquences funestes de l'anarchique confusion des exploitations agricoles guidées par l'unique mobile de l'intt'.:rêt personnel ont étc som·cnt indiquées (1). ' L'exposé des nuisances manifestes du droit actuel de propriété se prolongerait trop, s'il fallait examiner aussi les troubles apportés dans la Yic des familles par le régime d'appropriation individuelle_ de tout le sol d'une commune, d'un canton, ou de n'importe quelle autre unité de puissance collectiYc. On se plaint de l'immoralité générale, de la limitation systématique des enfants, de la dépopulation des campagnes, de la plaie du fonctionnarisme, du pervertissement de l'esprit rural par la diffusion d'une instruction ébauchée presque aussi malsaine qu'une complctc ignorance. Comme il serait facile de prouYcr que le régime de la propriété personnelle sans limite et sans frein est la cause principale de tous les malaises et de toutes les crises qui poussent les fils des paysans à se disputer les places administratives publiques, et, s'ils ne peuvent pas aspirer au servage officiel galonné, à s'ccraser aux portes des magasins, ·des fabriques et des usines ou tout venant peut entrer sans examen. Mais ne nous attardons pas davantage aux observations <lepure critique. Le procès de la société a été fait si souvent! Il est admis qu'elle est mauvaise ; c'est une affaire entendue. Le lecteur est déjà impatient de connaître quelles• sont les réformes agricoles que le socialisme pourrait formuler avec netteté et poursuivre méthodiquement aYCCla ferme espérance d'aboutir à des réalisations pratiques"'. ------------------------------ (1) La Mi11e11/e du 11i11é,tude socialiste du même auteur, chez Savine, éditeur. 43

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==