LA REYUE SOCIALISTE ne peu\'ent s'étendre sur une bordure de gazon ni sous l'ombre d'un arbre, sans crainte d'être troublés dans le repos d'un instant au nom du maître de ce sol que leurs sueurs fécondent. * * * ABSURDITÉ DU MORCELLEMENT DES PETITS HÉRITAGES La facilité laissée a chacun de concentrer ou de diYiser ù sa guise les parcelles de terre lui appartenant a produit, sur les petites propriétés, des conséquences qui, pour l'ensemble du corps social, ne sont pas moins nuisibles que celles des grands domaines héréditaires. Par le jeu des partages successoraux, les meilleures terres des Yillages pau\'l'es, c'est-a-dire les parcelles qui s'arrosent a\'ec suffisance d'eau, qui s'étendent à proximité des habitations et qui peuYent par conséquent être le mieux exploitées et le mieux surYcillées, se trou,·ent quelquefois en un tel état de morcellement, qu'il n'en reste plus un coin de bon. Le tout a été rendu stérile par les labyrinthes des sentiers et chemins indispensables, par les enchcYêtre- . ments de haies séparatives, par les réseaux compliqués des fossés et des rigoles. Et quelle mine inépuisable de disputes, de proccs, de rixes et de crimes, entre amis, entre frércs, dans cette division dcstructi\'C du patrimoine commun ! Chacun s'ingénie a porter préjudice aux autres en Yertu de son droit barbare de propriété. La trop petite propriété personnelle entretient une humanité incapable de civilisation. Quelques-uns prétendent, néanmoins, que le rendement agricole se dé\'cloppe en raison inYersc de l'étendue des exploitations. En admettant que cela soit exact jusqu'a un certain point, il y a Emite à tout. La tenure du sol morcelé à l'infini devient insupportablement incommode, même aux rares paysans chez qui les considérations d'intérêts communautaires l'emportent sur les instincts envieux et \'indicatifs à l'égard du YOisinage d'apparence plus fortunée. Les maux suscités par l'incurie ou la fantaisie égoïste des aménagements agricoles dans les vastes domaines, ne font pas au bon sens une injure plus gra\'e que les gênes absurbes apportées par l'émiettement des petites parcelles. Il n'est pas possible de faire succéder les assolements avec intelligence, ta~t que l'on conserYera un système pareil de partage des terres; tout le monde en pi'ttit. Les nuisances du droit de propriété établi en fayeur de l'indiYidualisme sont telles apres un siècle de ce régime antisocial, que, bon gré mal gré, les tenanciers, parfois en querelle, du même champ que la nature maintient indivisible, sont obligés de se concerter pour mettre en pratique
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