La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

PARASITISME ORGANIQUE ET PARASITISME SOCIAL 59 que les glaneurs, Ïes fripiers, les ramasseurs de bouts de cigares, les com:eurs de grèves, etc. c) En s'appropriant une partie des matières premières que d'autres ont extraites du sol. Les individus qui appartiennent à ce dernier groupe peuvent être des prédateurs, des mutualistes ou des parasites. Il y a prèdatisme lorsque, pour se procurer des moyens de vine, ils détruisent la communauté à laquelle ils s'attaquent (guerre des barbares, des sauvages). Il y a mutualisme là où il y a réciprocité de services, échange d'offices utiles (agents commerciaux, emplois publics). Il y a, enfin, parasitisme dans les cas où un être vit aux dépens d'un autre sans le détruire et sans lui rendre de services. A leur tour, les parasites sociaux sont répartis en quatre groupes : a) Les pai-asitespropriétaires. - On. peut les appeler à juste titre les tœnias du corps social. En général, ils jouissent de leurs avantages en se cantonnant dans l'égoïsme le plus abject. Ordinairement, pour devenir propriétaires, ils n'ont eu, selon l'expression de Beaumar- • chais, qu'à se donner la peine de naître. Puisse l'avenir leur épargner cette fatigue ! b) La classe des parasites politiques se recrute parmi les sinécuristes de tout acabit et les ronds de cuir de toute dimension. Ne pas omettre dans leur dénombrement le bourreau de Bruxelles, dont on connaît les labeurs accablants !!! c) Les parasites sexuels, ce sont tous ceux qui vivent de la débauche en monnayant la dégradation de leurs semblables. Citons les parents qui trafiquent de leurs enfants, les tenanciers des maisons de tolérance, les souteneurs, les prostituées et les proxénètes de tous genres. d) Les parnsites prédateurs, ce sont tous ceux qui, par dol ou par violence, parviennent à détourner une partie du revenu social. (Panamistes, pirates, agioteurs, spéculateurs éhontés, usuriers et tous autres délinquants professionnels.) Le degré du parasitisme dépendant toujours de la somme d'efforts dont le parasite parvient à s'affranchir, il faudra bien que nous reconnaissions que le parasite propriétaire incarne le vrai type de l' écornifleur social. Ceux qui s'inféodent dans les trois autres groupes ont, en somme, à déployer, dans une mesure plus ou moins grande, de l'énergie, de l'activité et de l'intelligence. Il est toutefois consolant de penser que - toutes autres conditions égales - les plus inactifs sont aussi les plus abâtardis. Dans l'ordre social, il se rencontre, comme dans l'ordre organique, des parasites par emprunt de la force (physique ou intellec-

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