La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

60 LA REVUE SOCIALISTE tu elle). Les plagiaires, par exemple, les suceurs de cerYeau, qui signent le travail de paunes diables qu'ils salarient, sont des parasites par emprunt de la force de traYail intellectuel. L'homme bien en cour, qui met son influence au serYicc de tous les siens, invariablement, qu'ils soient ignares ou quelconques, cause un réel préjudice aux gens laborieux et méritants qui postulent les mêmes emplois. Ces actes de népotisme constituent des actes de parasitisme par emprunt de la force sociale. Les faux mendiants, qui exploitent la charité publique en simulant quelque infirmité ou maladie, sont, eux, des parasites par emprunt de la livrée. Outre qu'ils causent un réel dommage à la société, en général, ils nuisent aux vrais misérables, en les compromettant dans l'opinion des personnes charitables. Sont encore parasites par emprunt de la linéc, les charlatans, qui dépn'.:cicnt toujours les professions et talents qu'ils miment. Le sont aussi, entre autres, les faineants qui, se faisant passer pour des sanstravail, cnlèYcnt, dans un syndicat professionnel, une grande partie des indemnités attribuées aux chàmeurs sérieux. Nous avons dit plus haut, en parlant du parasitisme biologique, que, pour se faire une idée de son éYolution, il conYcnait de s'aider_ des lumières de la morphologie et de l'embryologie. En matière de parasitisme social, c'est l'observation quotidienne des faits économiques qui, seule, doit nous guider. Un cultivateur qui suffit, par son travail, aux besoins de sa maisonnée peut devenir, plus tard, propriétaire parasite. Cela nous montre que le parasitisme émane parfois de l'holophytismc social. D'autre part, les tribus sahariennes, qui \'i\'aicnt naguère de razzias, de pillages et de rapines, sont obligecs, aujourd'hui, à se rt'.:fugierdans les faubourgs des cités algériennes, ou clics subsistent à force d'expédients et de larcins. Elles nous offrent un exemple du prédatisme sanglant transformé, par la force des choses, en parasitisme. D'ou l'on infcre que, généralement, le parasitisme des êtres antisociaux ou délinquants professionnels a des rapports très étroits avec le prédatisme armé d'antan, lequel s'est graduellement atténué par la transformation du milieu social ambiant. Le mutualisme peut également dégénérer en parasitisme. En effet, le mutualisme cesse quand l'absentéisme commence. Or, que voyonsnous, autour de nous, dans la grande industrie? Plus la production s'intensifie, plus l'écart se fait grand entre les capitalistes intéressés et les ouvriers salariés par eux. Une foule d'intermédiaires et d'acrents 0 ,·ivent ainsi aux dépens des seuls tra,·aillcurs effectifs et nous font assister à cc démoralisant spectacle : d'un càté la propriété. sans le travail, de l'autre, le travail sans la propriété!

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