662 LA REVUE SOCIALISTE vient d'un trois-six impur, contenant de l'acide amylique. Enfin, dans certains bouges des quartiers excentriques, on trouYe des breuYages à saYeur kre et caustique, proYenant d'un mclange d'alcool dénature, de caramel, de matières Yegétales et de méthylène ... >i M. AlaYaill rapporte encore, d'apres la renie les Causeries sciwtifiques (décembre 1893), la manière dont les industriels du crû distillent la tourbe pour c11extraire de l'alcool. « On ajoute a la tourbe 2. 5 °/o d'acide sulfurique a 30-35° Baumé; on chauffe Ycrs 120 degres et l'on passe au filtre-presse ; puis on concentre la solution et on la sature par le lait de chaux. Finalement on fait fermenter, on distille et Yoila l'alcool. » Le prix et les co11ditio11dsu logen,wl. -AYant de déduire les conséquences produites par une telle alimentation sur l'économie des classes ouvrières, il importe de connaître l'état des habitations et des quartiers populeux, les deux questions ayant une connexion absolue. Supposez, en effet, que l'ounier possédàt, dans un quartier a large circulation, un logement acré, clair et spacieux. Ses enfants et sa femme, si celle-ci est dispensée du traYail extérieur, perdraient cet ennui, cc découragement, sources de l'anémie et de la consomption, que distillent les gîtes étroits et sombres; lui-même, réconcilié par la gaîté de son foyer aycc la Yic familiale, descrtcrait bientôt l'estaminet pour goùtcr des joies intimes qu'il n'a jamais connues. Et comme l'ancmie, la tuberculose, dont sont frappes les femmes et les enfants, l'alcoolisme auquel s'abandonnent les hommes, sont les causes capitales de la dégcncrcsccnce de la classe OU\Ticrc, la salubrité du logement apporterait le plus efficace rcmcde a la plus graYe des plaies sociales. Ce n'est la, malheureusement, qu'une hypoth<'.:se, et a l'affaiblissement causé aux traYaillcurs par une malsaine alimentation s'ajoute le dcgoût d'un.foyer.auquel rien ne les attache. Les causes de ce dégoût sont de plusieurs sortes : en premier lieu, l'insalubrité générale des rues et des maisons, puis l'ctroitcsse du logement, et enfin la cherté des loyers. De nombrcases et larges Yoies ont, depuis Yingt ans, modifie et assaini certains quartiers excentriques de Paris, notamment Charonne, Mcnilmontant et BclleYille. Mais, a la suite de ces traYaux, un premier inco1wénient a surgi des que, sur l'emplacement des maisons a petits loyers, se sont éleYces des constructions luxueuses qui le disputent aux plus confortables des quartiers ouest et nord-ouest. La population ounicrc, en effet, a cté obligcc de se replier sur les petites rues ou d'emigrcr Ycrs les hauteurs, a proximité de l'enceinte, et n'a pu, par conséquent, bcnéficicr d<::smesures d'assainissement décrétees dans le principe a son profit. De plus (mais ceci n'est pas une critique, les ressources budgétaires ne permettant
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