LES COl\DITIOl\S DE L'EXISTENCE OUVRIÈRE 657 à 300 grammes par jour, consomme annuellement de 91 a 109 kilos, ou que le relégué dont le <lecret du 9 juin 1887 a reglé comme suit la ration de vin-es : Pain bis, tous les jours 0k750 Légumes secs, lundi, mardi, Viande fra!che, dimanche . 0 250 samedi okr20 Conserves, mercredi et samedi 0 200 Huile d'olive, lundi et venLard salé, mardi et jeudi 0 200 dredi 0 OIO Bacaliau, lundi et v<.:ndn:di 0 250 Sel, tous les jours. 0 012 Riz, jeudi et dimanche 0 070 Vinaigre, lundi et \·endredi. 0 003 Qualité de l'alilllenlalion. - L'alimentation a-t-elle, du moins, les qualités exigibles pour réparer les pertes que cause au travailleur son malsain et pénible labeur? La réponse s'indique d'elle-même. Les économies du ménage pamTe portant, non sur la quantité des denrées, dont il absorbe en poids une part égale, sinon supérieure, à celle que consomment les membres des autres classes, mais sur leur prix, il est éYident qu'il ne peut s'approYisionner que de produits de qualité inférieure ou déprécies par une trop longue exposition aux éventaires. Et t'est, en effet, dans l'alimentation destinée aux petites bourses que s'exei·cent le plus acti\·ement la fraude et la mauYaise foi du commerce. En étudiant les chiffres donnés par le docteur Bertillon sur les saisies opérées à Paris par les ser\·ices d'inspection de la boucherie et des abattoirs (1), on remarque que les Yiandes le moins contaminées. sont le Yeau et le mouton, dont la plus importante consommation est faite par les personnes de condition aisée, tandis que le porc, l'âne et le mulet, qui forment le fond de l'alimentation en \·iande de la classe OU\Tiere, sont l'objet de saisies relatiYement nombreuses. Quant à la forme et à l'importance de la contamination et de la fraude, elles dépassent tout ce qu'on oserait imaginer, et il faut toute l'autorité des hygiénistes et des médecins qui les signaknt pour qu'on n'en puisse contester la sincérité. En YOicideux exemples, un peu exceptionnels, sans doute, mais particuliérement graYes par leur origine. C'est au mois de noYembre 1892, et c'est M. J. Cardane qui raconte ( 2) : Tout récemment, au cours d'une entre\'ue avec M. Lafont , secrétaire général de plusieurs syndicats, notamment de celui des marchands des quatre-saisons, nous nous étions refus.'.:à croire qu'on vendît couramment aux Halles, du poisson putréfié. « Eh ! bien, nous avait répondu M. Lafont, qu'à cela ne tienne, l'expérience est facile à faire. Venez donc me prendre un de ces matins, le jour qui vous conviendra le mieux, et nous achèterons ensemble autant de poisson pourri que vous voudrez. Vous verrez que c'est une mar- (1) Tablca11xmensuelsde sfotistique de la ville de Paris. (2) Figaro, Iï novembre 1892. 42
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