LA REVUE SOCIALISTE Bornons là nos exemples (1). Ce qui s'en degagc, c'est que l'alimentation a subi, au cours des trente derniéres années, une hausse qu'on ne saurait évaluer à _moins de 22 ou 23 °/o, et, comme le salaire n'a augmenté, pendant cette même période, que d'enYiron 17 °/o, les classes omTières ont réduit leur consommation d'aliments solides de 21 °/ 0 , puisant l'énergie qui leur est nécessaire dans les vins, <lont clics ont élevé leur consommation de 29 °/o- Pour équilibrer leur budget, il leur faudrait donc réduire encore leur consommation d'aliments solides de 4 °/ 0 et abaisser leur consomri1ation de liquides de r2 °/ 0 • Or, quelle somme affecte une famille d'ouvriers de quatre personnes au budget de l'alimentation? 2 fr. 25, 3 francs au plus. Tous commentaires affaibliraient ces chiffres. E11cbérisseme1d1ets loyers. - Le· loyer était jadis, même à Paris, une dépense relativement minime. Grâce aux habitations des quartiers exccntriq ucs (Ménilmontant, Belleville, La Villette, Montmartre), il ne dépassait qu'exceptionnellcment la proportion de 12 à r 5 °/o des recettes. Du jour ou ces maisons, peu luxueuses, mais économiques, disparurent pour faire place à de Yastcs bâtiments, pour\'us de l'éclairage au gaz, d'appareils de chauffage, voire même d'ascenseurs (2), la moyenne générale des loyers doubla, et l'on ne pourrait trouver actuellement trois pièces exigües à moins de 400 francs. Soit dit en passant, il y a pour le capitaliste beaucoup plus d'avantages à posséder dans les quartiers pam-rcs que dans les quartiers riches. Un négociant de nos amis, déjà propriétaire d'un immeuble situé boulcYard Haussmann, s'est rendu acquéreur d'une maison sise rue Piat. L'hôtel du boule\'ard lui a coùté 280,000 francs et les six locataires qui l'occupent lui versent annuellement 26,000 francs, soit 9. 3 °/o d'intérêt. La maison de la rue Piat ne lui a coùté que 2 5,ooo francs et lui rapporte 3,760 francs, soit r 5 °/o- Mais, comme les deux immeubles ont un 111.êmcnombre de locataires, il s'ensuit que ceux de la maison paient comparatiYement beaucoup plus cher que ceux de l'hôtel. (r) Cet article était é.:rit quand l'lnlermédiaire des cbtrcbettrs el curieux a publi.: (r" juillet 189 4). d'après le Mercure de France du r" décembre 1787, le tarif suivant d'un grand marchand de comestibles de la rue Saint-Honoré, le sieur de Lavoyepierrc. Les truffes Yalaient 6 francs la livre; les dindes truffées, vendues aujourd'hui 60, 80 et même roo francs, se vendaient 24 francs ; les poulardes et chapons truftés, de 15 à 18 francs. Un journal d'Alger, l'Akbba1·, de l'année 1854, dit qu'un bœuf gras colÎtait 43 francs et un mouton 3 fr. 50 ; deux poules, 90 centimes; deux perdrix, 30 centimes ; deux canards, r fr. 80. Pour r fr. 50 on avait cent oranges, et pour 60 centimes, cent citrons ; cent grenades se vendaient 90 centimes et cent pêches, 6o. (2) D'après une statistique officielle récente, le nombre des grandes. habitations a augmenté, depuis r85 r, de cinq cent mille, tandis que celui des maisons n'ayant qu'un rez-de-chaussée a diminué, depuis 1856, de près de trois cent mille. (Rapport de la com111issio1d1es co11trib11/io11dsireclu, 1894.)
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