La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE vaicnt entre les mains du public qu'aycc une surcharge plus ou moins lourde ... c'est-à-dire la part destinée à faire face à tous les frais gcnéraux... Or, supposez un accroissement de frais gcncraux dû à des influences factices ou arbitraires, supposez dans une .administration publique un système cconorniquc qui provoque au luxe et à b dépense, qui s'imagine semer des germes de richesse par la prodigalité, et alors les frais gcncraux du commerce ne connaissent plus de limites. Les loyers atteignent à des chiffres fabuleux; les décorations intcricurcs et tout 1::: mode de l'installation absorbent un capital cxageré. Il faut ensuite que toutes ces dcpcnscs soient avec usure préleYces sur l'acheteur, plus ou moins durement rançonné ... » Cette judicieuse observation, qui s'adressait à l'administration de M. Haussmann, a conscryc aujourd'hui toute sa valeur. On a remarqué, par exemple, que la population des Halles, le plus transformé des quartiers parisiens, a subi une diminution considérable. Portée au cens de 1886 à 31,763 habitants, clic n'est plus à présent que de 30,065 (en perte de 1,700), cc qui signifie que les hautes maisons, dites de rapport, construites le long des nouvelles voies du centre de Paris, ont fait émigrer dans les quartiers limitrophes le petit commerce. les petites gens, une foule de modestes unités sociales qui prospéraient sur le vieil humus (1). Si, du moins, les travailleurs, en restreign1nt encore leurs besoins alimentaires, à condition de redoubler de frugalitc (et la nutrition de l'ouvrière qui Yit seule nous a déjà initiés aux secrets <le la nutrition du ménage), si les travailleurs pouvaient bénéficier des améliorations hygicniqucs apportées au logement, les traYaux édilitaires auraient sans doute quelque apparence de raison; l'air et la lumière suppléant a\'antagcusemcnt à une réduction nouvelle du budget de la nourriture, les parias d'à présent retrouveraient dans la gaieté du foyer l'encrgic que leur ont fait perdre leurs sombres demeures. Mais non. D'une part, « l'échoppe du bottier, l'éventaire de la fruitiérc, l'étal du boucher, le fournil du boulanger, enserrés tout à coup au milieu de constructions dont les rares et riches habitants passent en Yillégiature la plus grande partie de l'année, sont aussitôt réduits à la ruine et forcés de disparaitre » ; d'autre part, les locataires des maisons abattues sont contraints d'émigrer vers les quartiers où subsistent encore les malsains, mais peu coûteux immeubles, et en définitive l'hygiène, où ils devraient puiser la rcgéncration, agit sur eux comme le traYailmécanique, qui devait simplement abrcgcr leur labeur: clic les tue ( 2). (1) Petit Parisie11, 16 juin 1894. (2) « Toute mesure, a dit quelqu'un, qui tend à agrandir les logements des familles ounières étant une véritable mesure de salut public, les conseillers municipaux de

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==