La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LES CO~DITIONS DE L'EXISTENCE OUVRIÈRE Si maintenant, connaissant ces deux exemples (qui sontloin d'être isolés), on observe que le taux moyen des salaires payés par l'industrie est de 4 fr. 85, on sera déjà conYaincu que l'élévation du prix des denrées est bien supérieure au reYenu maximum de la majeure partie des ouvriers, et l'on s'expliquera la peine qu'ont à vivre les petits ménages parisiens. A la hausse des denrées il faut ajouter celle des loyers, conséquence des gigantesques travaux qui, commencés par l'Administration impériale et poursuivis aveuglément par les administrations postérieures, ont redoublé la fièvre spéculatrice des détenteurs du capital. Hâtonsnous de le dire, pour prévenir une inévitable objection: ~os enfants ne comprendront point la longévité d'un système économique tel qu'il eût réduit les populations des quartiers paunes des grandes villes à souffrir des travaux destinés à leur procurer l'hygiène indi~pensable et à rétablir leur vigueur à demi éteinte ; mais ce résultat doit nous montrer à nous-mêmes que, sous quelque aspect qu'on envisage le système, quelques a\'antages publics qu'on essaie d'en tirer, il ne peut . profiter qu'à une partie de la société, parce qu'il offre trop de prise à la spéculation. L'influence des ·bouleversements opérés à Paris depuis près de quarante ans se manifeste de deux façons : par l'élévation du prix des loyers d'abord, qui frappe le tranilleur directement, soit en grevant son budget du logement, soit en le refoulant au delà de l'enceinte et l'obligeant, pour se rendre au lieu habituel de son travail, à des dépenses de locomotion jadis inconnues ; en second lieu, par l'augmentation des frais généraux du commerce, augmentation que la répercussion économique fait également retomber sur la classe ouvrière. Dès 1872, Audiganne signalait le péril des tranformations inconsidérement opérées dans la capitale et leur assignait le principal rôle dans l'enchérissement général des produits nécessaires à l'existence. « Qu'elle ait été lente ou soudaine, disait-il ( 1), l'élévation des cours de la marchandise en gros n'a pas figuré seule dans l'accroissement de prix constaté par les relevés de 1859 et de 1869. Tels articles achetés par le détaillant à un prix égal à celui qu'ils avaient dix ou vingt ans plus tôt, ou pour lesquels .la différence était à peine sensible, n'arriLa taxe officieuse était de o fr. 6299. L'écart des prix de vente avec la taxe officieuse est donc : De o fr. 12 De o fr. 07 De o fr. 02 De o fr. 03 En 1892 pour 67 établissements, 1668 792 326 De o fr. 17 pour 122 établissement~. De o fr. 12 895 De o fr. 07 - u40 De o fr. 02 469 De o fr. 03 475 (1) Memoirès d'1111 ouvrier de Paris, p. 189. - Charpentier, édit. 1872.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==