La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LA RÉVUE SOCIALISTE vingt ans après on en comptait 4,247,764; c'est-à-dire qu'en une période relativement courte, le nombre des intermédiaires, augment<'.: de 35 °/ 0 , s'<'.:taitélné à plus de II 0 /o de la population totale. Ceci explique l'avis émis par M. de Foville que, là ou peuvent Yivre dix marchands, il s'en établit vingt, trente, qui végetentet augmentent de plus de 50 °/ 0 la nleur des produits Yendus. Qu'en résulte-t-il? Que, par exemple, une barrique de Yin de 219 litres, vendue en gare de Narbonne r 5 francs l'hectolitre (32 fr. 85) et rendue à Bercy au prix de 89 fr. 65 (tous droits acquittés), n'est pas livrée au consommateur à moins de r r 5 ou r 20 fr. L'intermédiaire préléve donc pour frais d'entrepôt une somme de 25 ou 30 francs (25 °/o), qu'il augmentera encore par la diminution du transport si, au lieu de n'acheter que deux hectolitres, il en achéte soixante-dix (huit mille kilogs ), poids ou commence le dégrévement des frais de chemins de fer. La réduction même du prix des matilres premiéres à l'issue des saisons fayorables ne détermine pas toujours une réduction équivalente des matieres manufacturées. Les frais généraux du commerce n'ayant d'une année à l'autre que d'insensibles Yariations et l'instabilité atmosphérique pouyant faire succéder à une année de gain deux ou plus. de déficit, les négociants compensent inévitablement, par les profits immodérés des années heureuses, les pertes des années malheureuses. Au mois de mai 1894, les farines ctaient tombées à des prix jusqu'alors inconnus. Les farines douze-marques se Yendaient en Bourse 39 et même 38 francs les r 59 kilogs bruts, de sorte qu'en reYendant le sac 60 fr., cuisson comprise, c'est-à-dire en livrant le pain de 2 kilogs à 60 centimes, les boulangers gagnaient encore plus de 20 francs (36 °/ 0 ), ce qui leur constituait un profit tres rcmuncrateur. Néanmoins, beaucoup d'entre eux persistercnt à vendre le sac 80 francs, réalisant ainsi l'exorbitant bénéfice de 53 °/ o ( r). (1) Le 22 août 1894, le XIX• Siecle confirmait ainsi cette constatation. Le blé qui valait 23 francs au mois d'août 1892, etait cote, le 18 août 1894, de 18 fr. 25 à 18 fr. 50, ce qui représente une diffcrence d'environ 20 °/0 • D'après le relevé hebdomadaire des opérations de la boulangerie a Paris, publié par le ministère de l'agriculture, voici quels étaient les prix du pain du 15 au 21 août 1892. Le pain de deux kilogrammes coûtait dans : 67 établissements .. 1668 792 0 fr. 85 0 fr. 80 0 fr. 75 326 établissements. 61 0 fr. 70 0 fr. 65 La taxe officieuse ét.1it alors de o fr. 73. Voici maintenant le relevé des prix du 13 au 20 août 1894. Le pain de deux kilogrammes se vend dans: 122 établissements . . . . 0 fr. 80 375 établissements . 0 fr. 60 895 0 fr. 75 25 0 fr. 55 II40 0 fr. 70 I 0 fr. 50 469 0 fr. 65

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