• LA REYUE SOCIALISTE socialiste en général. « Le socialisme », a-t-il dit, est chose plus grande qu'une cra,·atc rouge ou qu'un vote isolé de quelques d_éputés ba\'arois, qui, d'ailleurs, n'ont pas \'Oté le budget entier, mais seulement les impàts. Les paysans de la Bavière n'ont presque pas de sens politique ; ils ne comprennent point les distinctions théoriques. Si l'on veut exercer une influence quelconque sur eux, il faut agir d'une façon compréhensible. Or, ces paysans constituent quatre-yingts pour cent de b population bavaroise; il faut absolument les gagner à la cause socialiste. De plus, il y a en Bavière quantité de conditions spéciales qu'on ne trom·e pas dans les autres pays d'Europe. On ne peut pas se former une idée de ces conditions-là ni de l,1 \'iC politique bavaroise sans a\'oir vécu en Bavière. La preuve que nous avons bien agi, c'est que notre propagande fait des progrès énormes parmi les paysans, et que notre action a été approuvée par tous les socialistes dl' la Bavière. Kos confrères de l'Allemagne du Nord nous considèrent sans doute comme des sauvages et veulent nous apprendre la \'érité en mati0re de tactique parlementaire. On a écrit récemment dans le Vor-wnerts : « Les Bavarois, on le sait, sont des gens stupides, non etilti,·ès, à demi-civilisés ». Si l'organe central du parti ose publier de pareilles choses, quelle doit être l'opinion générale à notre égard? Les Allemands du Nord sont par trop arrogants. J'avertis le congrès qu'il ne faut pas pousser les choses trop loin; car les socialistes bavarois ne se laisseront pas corriger par le gouvernement du parti qui siège à Berlin. >> Bebel répond par une exposition passionnée de la théorie marxiste sur la lutte des classes. Son discours est très long. Il loue la campagne générale (]U'ont menée les socialistes de la Bavière. Il nie l'arrogance des Allemands du Nord et des chefs du parti. « Le comité central » dit-)!, ne s'est nullement mêlé à l'affaire ; c'est seulement parce qu'elle a été trop discutée par la presse bourgeoise qu'on est obligé de la traiter aujourd'hui. Il doute de l'intelligence politique des paysans bavarois et il accuse Vollmar d'avoir tendu un piège aux cultivateurs. Deux choses ressortent très nettement de son discours : 1° Dans aucune circonstance les socialistes ne doivent reconnaître l'ordre de choses établi ; 2° En manihe de tactique, il ne faut jamais quitter la position intransigeante doctrinaire, au moins tant que l'es socialistes n'auront pas la majorité dans les législatures. Plusieurs délégués du Nord s'expriment dans le même sens. ~1. Stadthagen propose cependant un amendement à la résolution Bebel, qui permettrait aux députés socialistes de ,·oter les budgets, avec cette rèsen·e qu'ils ne reconnaissent pas par ce vote l'ordre actuel. Bebel conjure le congrès de repousser cet amendement. Alors le \'étéran Grillenberger répond aux discours des cc Prussiens ». Faut-il donc rejeter en bloc un budget, demande-t-il, qui contient des dépenses utiles, sous prétexte qu'une partie n'est pas appliquée comme nous le désirons? Que nous dirait-on, à Munich, si nous renoncions à une certaine tactique que nous croyons efficace, parce qu'elle nous a éte défendue par MM. les Prussiens ? Comme l'avait fait Vollmar il termine par une prédiction de désastres, si l'on votait la résolution de Bebel. • Au commencement de la séance suivante, Auer prononça un long discours plus Yiolent peut-être que celui de Bebel. Ses arguments peuvent être
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