MOUVEMENT SOCIAL Ce discours est très critiqué. Les électeurs de province, paraît-il, tiennent énormément à l'action parlementaire. Les interpellations sont un des meilleurs moyens de propagande ; elles servent surtout à attirer l'attention du public ·sur les revendications socialistes. Ces idées sont exprimées par une longue série d'orateurs. Enfin, le député Wurm monte à la tribune pour répudier, au nom de plusieurs de ses collègues, ·1es vues de M. Fischer au sujet de l'action parlementaire. Il critique, cependant, une proposition qui wait été faite, de fonder une caisse d'assistance publique pour les sans-travail. Il croit impossible de résoudre ce grave problème sous les circonstances économiques actuelles. « La seule influence directe, ajoute-t-il, que pourraient exercer les élus socialistes à cet égard, serait de réclamer continuellement le raccourcissement de la journée de travail, l'augmentation des salaires et l'inspection des fabriques ». Enfin, le congrès a voté toutes les résolutions, sauf deux, malgré un nouveau discours de Fischer. On a repoussé seulement les motions à propos de la vaccination obligatoire et de la création d'une caisse d'assistance publique pour les sans-travail. Cette discussion finie, le congrès s'est constitué en tribunal disciplinaire. Le cas du délégué Ruedt occupe d'abord son attention. Ce citoyen s'est refusé au landtag badois de YOter contres les lois d'exception sur les ordres religieux. Il craignait, paraît-il, la réaction religieuse plus que la réaction politique. Le .congrès a cependant blâmé sa conduite. Suit l'affaire Vollmar. Plusieurs circonscriptions avaient envoyé des motions invitant Je congrès à blâmer la tactique des socialistes bavarois qui, au mois de juin dernier, ont voté le budget au Landtag de Bavière. La résolution principale, portait plus de trente signatures y compris celle de Liebknecht, Bebel, Singer, Auer et Ewald. En ,·oici la traduction : « Il est du de,·oir des représentants du parti, soit au Reichstag, soit aux parlements provinciaux (Landtagen), de critiquer et de lutter contre les maux et les injustices enracinés dans le caractère de classe de la société actuelle - car ce caractère n'est qu'une forme d'organisation politique pour protéger les intérêts des classes dirigeantes; cc Il est en outre du devoir des représentants du parti de se servir de tous les moyens possibles pour détruire lesdits maux, et les remplacer par d'autres conditions économiques dans le sens de notn! programme; cc Puisque les gouvernements, dans leur rôle de chefs de cette société de classes, luttent avec acharnement contre la démocratie sociale, et cherchent de toutes les façons à l'anèamir, les représentants du parti socialiste aux parlements provinciaux ne pem·ent, par conséquent, donner aux gouvernements aucune preuve de confiance et, puisque le vote des lois financières est considéré comme vote de confiance, ils doivent voter contre les budgets. » A ce projet de résolution en fut opposé un autre déclarant que l'existence et l'activité générale du parti socialiste constituent en elles-mêmes une lutte contre la société de classes et que le vote des budgets provinciaux n'est qu1une question d'opportunité pure et simple et nullement une question de pri~cipe. - Le discours de Vollmar, justification brillan,te de l'attitude bavaroise, soutint cette dernière opinion. Il traitait d'enfantillage l'idée que l'action des socialistes bavarois pût exercer une influence considérable sur la tactique
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