LA REVUE SOCIALISTE conception matérialiste de l'histoire, si l'on croit inévitable et nécessaire l'avènement du socialisme, toutes ces haute.s intelligences qui coùtent si cher ne sont-elles pas su12erflues? » « Quelle est la différence, a demandé un autre délégué », entre les « traitements de prince » que reçoivent les fonctionnaires socialistes et « la rente de capacité >> que revendique le capitaliste comme rémunération de son intelligence commerciale supérieure. Herr Fimm, de Berlin, a assuré le congrès qu'en proposant ce traitement maxim~m, les camarades de Berlin n'ont pas visé le vétéran Liebknecht, qui s'est consacré avec tant d'abnégation à la cause au moment ou la profession de rédacteur socialiste n'était pas rémunérée. li ne faut pas que nos journaux soient entre les mains des « mercenaires bourgeois », a-t-il dit. « Cette poussée d'en haut, des gens instruits (der Drang vo11Oben), commence à devenir dangereuse. Il faut y mettre un terme et réduire ces hauts salaires. Si les akademiker sont mécontents, qu'ils s'en aillent. Ensuite M. Lessner, de Londres, est venu déc~ire la politique financière des trade's unions anglaises, dont les fonctionnaires sont toujours bien rémunérés. « Imitez cette pratique là, dit-il; cc travail bien exécuté doit être bien payé. Fixez plutôt un salaire 111i11ii11um qu'un salaire 111axii1111m. » - Un autre délégué a remarqué que Marx, Lassalle et Liebknecht ont été des bourgeois et des akade111ilier, et qu'ils n'ont pas cc trahi » les prolétaires. Finalement on a approuvé le rapport financier à l'unanimité et on a repoussé toutes les propositions hostiles. - Suite étrange à une discussion aussi violente. Il fut décidé cependant, en vue de la répression probable, de ne plus fonder d'imprimeries ni. de librairies socialistes et d'éviter ainsi les pertes qui résulteraient de la suppression arbitraire de telles entreprises. D'après ce rapport financier la position pécuniaire du parti est satisfaisante, bien que son revenu ait diminué par suite de la dépression industrielle. On remarque que la plupart des grosses contributions à la caisse générale du parti viennent des deux grandes villes Berlin et Strasbourg. Autre fait significatif, pendant l'année, le parti a perdu, à titre d'amendes, le quadruple de ce qu'il avait déboursé l'année précédente. Le rapport du groupe parlementaire a été présenté par le député Fischer. La discussion a duré pendant neuf heures entières. Le rapporteur s'est occupé plus des vingt-cinq motions supplémentaires, et des amendements, que du rapport lui-même. Il y avait des résolutions à propos de toutes les réformes parlementaires qu'on puisse imaginer : de l'extension de l'assistance publique, de l'inspection des fabriques, des sans-travail, et de la journée de huit heur~s, d'autres encore, relatives aux interpellations, aux salaires minima à la vaccination obligatoire, à l'assurance des ouvriers et à l'arbitrage. M. Fischer constate que ce champ de travail parlementaire est extrêmement limité et déclare qu'il n'est nullement possible de proposer des projets de loi ou d'interpeller le gouvernement tous les jours, comme le supposent quelques délégués. « La chose principale, a-t-il dit, c'est que les orateurs du parti critiquent la société actuelle et la politique gouvernementale, et qu'on maintienne une propagande active dans la province. Il ne faut pas exagérer l'im.portance de l'action parlementaire. Retirez toutes ces résolutions et laissez aux députés pleine liberté en matière d'interpellation. >> '
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