THÉATRE THÉATRE Parler de la femme dans le théàtrc moderne, ce serait parler de presque tout ce théâtre. Car, en interrogeant avec minutie ses souvenirs, on ne parvient à se remémorer qu'un petit nombre de pièces construites sur un autre thème (r). Cela se comprend. L'amour, • cause de la Yie, est aussi un but essentiel de la vie. Dès lors, le bonheur et la souffrance d'aimer, le combat des sexes, les incompréhensions et les traîtrises, tous les drames et toutes les comédies du coeur sont sûrs de passionner qui les écrit et qui les écoute. Si exceptionnels que puissent être les sentiments évoqués et si banale que soit la personnelle histoire amoureuse de chaque auditeur, jamais il ne restera indifférent. Les vraies joies et les profondes douleurs humaines, nos espoirs et nos détresses, nos colcrcs et nos enthousia~mes n'ont guère d'autres facteurs, et, si de rares êtres paraissent étrangers aux émois d'amour, ils finissent néanmoins par souffrir d'amour, ne serait-ce qu'à cause de la longue inertie de leur coeur et de leur impuissance à aimer. Il faut donc sourire lorsque des esthètes (pour employer ce prétentieux mot à la mode) déclarent qu'ils sont las des histoires d'amour, qu'ils attendent la pièce ou le roman sans amour. C'est comme s'ils réclamaient la pièce ou le roman sans la. vie, sans l'homme, sans l'âme. Car tout l'effort humain en dépend. Assurément on imagine d'autres sujets de drame : l'amitié, l'intérêt, la vanité, mais le plus souvent ils ne sè suffisent pas eux-mêmes, ils n'existent que dans leurs relations avec l'amour. On comprend toutefois que les gei1s qui font profession de dédaigner la vie, de chercher, en la vivant à rebours, des bonheurs artificiels et compliqués, osent de pareils mépris. Mais les auteurs dramatiques, que l'ardente vie d'alentour passionne, ont là un champ d'études que rien ne rétrécit ni ne banalise. La réalité sera toujours (r) Atbalie, La mort de César, etc.
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