La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

616 LA RE\'UE SOCIALISTE de nous dire que c'est là une position nouvelle de la question, la solution desintéressée d'un problème qu'a toujours compliqué jusqu'ici l'esprit de parti. Ses idces sont tout simplement les nôtres et, il y a peu de temps encore, M. G. Renard les exprimait ici-même, dans sa lettre Aux Et11dia11ts et à la Petite République dans son feuilleton du ro anil 1894. Cc qu'il y a de nouveau dans la prose de M. Fustcr, c'est une extraordinaire modération dans les t_crmes,-pour faire sans doute excuser la hardiesse du fond,- c'est une certaine hésitation qui lui fait, tout en désirant timidement des reformes radicales, témoigner de son admiration à des œuvres et à des hommes trés nettement réactionnaires; c'est, disons le gros mot, une horreur de l'affirmation franche. Je sais bien qu'il est aisé de se montrer dedaigncux enYers les « doctrinaires » et de jouer l'indépendant en feignant de ne point prendre parti. Pourtant il est des occasions ou il faut se prononcer. M. Fuster vient de le montrer. Tout en exprimant nos propres idées, sa réserve a notre égard est telle qu'il semble s'affirmer contre nous. Qu'il y prenne garde, tant de respect pour les institutions existantes ne s'accommode guère ayec les tendances réformistes qu'il exprime discrètement et ceux. gui le connaissent mal pourraient prendre pour un dilettantisme de salon ce qui est en lui géncrosité sincère. Au reste, les idces qu'il exprime valent mieux qu'une énumération hâtiYc. L'article de M. Fuster, augmenté de lettres d'universitaires officiels ( ceux-la sont moins doctrinaires que les autres, paraît-il) deviendra prochainement une brochure. Nous nous promettons d'y revenir a cc moment. Nous avons ,·oulu seulement aujourd'hui signaler un ton qui nous étonne, parce que nous aimons, jusqu'à preuYc du contraire, à considcrer M. Ed. Fuster comme un ami de notre cause. PAUL LAGARDE.

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